mercredi 31 décembre 2014

Mon année 2014 vue par facebook


En 2014, il y a eu des bons moments, des moyens, des excellents, des bof bof, des très bons... 

En fait absolument de tout ! 

Illustrations en quelques exemples : 

- j'ai retrouvé l'unique jeu de clés que m'avait confié une amie un peu plus de 3 heures après l'avoir perdu dans l'une des 10.000 rues que j'avais empruntées en me balladant = TRES BON MOMENT,

- j'ai eu un bouton de fièvre qui m'a obligée à aller réveiller le pharmacien de garde à 5h du matin (sur doctissimo, ils disaient bien qu'il fallait s'en occuper au plus tôt) et qui m'a défiguré le visage pendant au moins 4 jours (si, si, sur 365 ça reste beaucoup trop) = BOF BOF MOMENT, 

- j'ai passé 5 soirées d'affilée de mon séjour de ski à danser non stop de bons vieux rocks en me dépensant 3 fois plus que pendant mes descentes sur neige (et personne ne m'a écrasé les pieds) (même si un de mes cavaliers m'a fait tomber et ça c'est moche) = EXCELLENT MOMENT, 

- j'ai reçu un appel de fonds de 8.000 euros à payer sous 15 jours à mon organisme de sécurité sociale (mais en fait c'était un bug) = MOYEN MOMENT,

- j'ai découvert que j'avais un vrai talent pour piler la glace (en plus de celui pour cirer les chaussures et de celui pour plier harmonieusement des serviettes de table) = BON MOMENT. 

Au vu de la diversité des sentiments que m'ont inspiré ces expériences, je ne ferai donc pas partie des gens – en général, entre 3 et 4 de vos contacts – qui clameront haut et fort, ce soir, à quelques heures du réveillon : 

« Heureusement que 2014 se termine,
c'était quand même une bonne vieille année de m**** !!! ».

(les mêmes qui s'étaient livrés à une déclaration similaire il y a 1 an, au sujet de l'année 2013) (et aussi il y a 2 ans, au sujet de l'année 2012) (idem pour 2011, 2010, 2009, etc.).

Et pourtant il semble bien que ce soit ce que facebook s'échine à vouloir me faire dire ! 

Parce qu'en ce moment, à chaque fois que je me connecte à mon compte (soit environ 4 fois par minute tant mon dossier est palpitant), il me propose de diffuser la rétrospective de mon année 2014, spécialement établie par ses soins sur la base des éléments que j'ai publiés sur ma page. 

La rétrospective ?

Sous le joyeux intitulé « Ginger, voici un condensé de votre année ! », en tout et pour tout, l'unique photo que j'ai postée il y a 4 mois sur l'invitation expresse de mon amie Dow, sur laquelle on peut me contempler, âgée de 4 ans, gambadant, avec mes boucles blondes et mon mouton en peluche, en plein milieu d'un champ de mauvaises herbes (ma période bucolico-sportive).

A part ça – qui, convenons-en, n'illustre pas vraiment ce qu'ont été mes grands moments de l'année 2014 – RIEN.

Autant dire que, d'après facebook, les 12 derniers mois de ma vie ont été dramatiquement ternes, fades, insipides, mornes et vides... 

Bref, une vraie année pourrie comme peu parmi mes connaissances peuvent se vanter d'en avoir vécue, et qui me rendrait moi aussi parfaitement légitime à balancer ce soir, l'air totalement blasé, en écrasant ma cigarette directement sur l'accoudoir du canapé où je me trouverai installée, d'un geste plein de dédain : 

« Heureusement que 2014 se termine,
parce que c'était quand même une bonne vieille année de m**** !!! ».

Merci facebook pour cette synthèse exhaustive de ma vie ! 

Et avant de vous quitter pour préparer les festivités du réveillon, laissez-moi dores et déjà vous souhaiter à tous, dans un an, une merveilleuse rétrospective des 12 mois qui s'annoncent, pleine d'étoiles, de paillettes et de pétales de rose ! 

Et maintenant, que la fête commence ! 

mercredi 24 décembre 2014

Maintenant que l'avent tient presque de l'après...

... il est temps de vous assurer que vous avez ouvert toutes les cases de votre calendrier de Noël ! 

Noyeux Joël à tous ! 

dimanche 30 novembre 2014

Coucou, me revoilou

Cela fait un mois que je n'ai rien écrit. 

Pas un article, pas un mot, pas une lettre. 

Sur ce blog, j'entends, parce que sinon, dans la vraie vie, j'ai quand même signé quelques TIP (URSSAF, taxe d'habitation, etc), ce qui m'a permis, fort heureusement, de conserver encore un peu l'aptitude calligraphique acquise de haute lutte entre mes six et sept ans (autant dire que c'était hier). 

Pourquoi ? 

Oh, je pourrais trouver des prétextes arrangeants, du style une météorite s'est écrasée sur mon ordinateur ou Patrick Swayze m'a demandé de suspendre temporairement mon blog (enfin, son fantôme)...

Mais il y a un moment où il est inutile de chercher des faux-fuyants.

Mieux vaut faire face à la réalité avec audace.

Je n'ai pas écrit, parce que j'ai donné la priorité à d'autres activités que l'écriture. 

Quelles autres activités ? 

Eh bien, par exemple, la recherche active d'une nouvelle robe pour Noël sur Zalando (ce n'est pas ma faute, je sais par avance que ma soeur va profiter de cette occasion pour dégainer une tenue de killeuse et mon amour-propre ne peut pas se permettre de me voir un cran au-dessous), un échange nourri de textos débiles avec mes amies Coco et JM ("Tiens, il est deux heures du matin, tu vois quand je te dis que je me couche tard"), l'organisation d'un anniversaire surprise pour mon autre amie Carolyne avec recherche d'adresses mails des gens qu'elle aurait plaisir à voir autour d'elle (prions pour que je n'aie pas malencontreusement fait signe à un boulet qu'elle voulait à tout prix éviter), quelques allers et retours jusqu'au SAV du magasin où j'ai acheté mon nouveau portable (parce qu'il me fait des grésillements façon mange-disque du XVIIIe siècle) (comment ça, à cette époque, les mange-disques n'existaient pas ?)...

Et pendant ce temps, je me suis dit que le récit des aventures de Ginger pourrait attendre un peu. 

Et puis, et puis... il arrive un jour - le 30 novembre 2014, très précisément - où le goût de la grande écriture classique et le besoin d'exprimer des choses vitales pour le whole world finissent malgré tout par reprendre le dessus ! 

Me revoilà donc sur la blogosphère pour quelques jours / semaines / années, qui sait ! 

Pas encore de sujet bien arrêté pour mon prochain article, par contre ; à l'heure qu'il est, j'hésite encore entre vous parler des décorations de Noël super moches de ma rue ou vous raconter l'histoire du gros pingouin qui a attrapé une vilaine grippe dans le métro...

J'y réfléchis et je reviens !


Alors, donc, c'est l'histoire d'un gros pingouin
qui avait attrapé une vilaine grippe dans le métro...



jeudi 30 octobre 2014

Anorexic party

J'ai toujours rêvé d'avoir une chouette bande de copines. 

Des copines disponibles en pleine après-midi pour aller déguster un thé léger au jasmin chez l'une d'elles. 

L'occasion de découvrir son nouvel appartement haussmanien meublé design. 

Et de nous montrer chacune nos dernières acquisitions vestimentaires ultra sophistiquées de la matinée en exhibant fièrement nos bras décharnés et nos jambes squelettiques pour bien montrer que non, nous ne nous sommes pas laissées aller à prendre un gramme depuis notre dernière réunion girly (et le sens de la dignité alors ?!) !

Ensemble, on parlerait de sujets passionnants du type : l'autre jour, j'ai croisé une fille qui devait faire au moins du 38 (non ??!), il paraît que certaines personnes ont l'estomac à ce point distendu que manger toute une pomme ne leur donne pas un sentiment de satiété (dingue !!), il y a des femmes qui cherchent volontairement à tomber enceinte en étant pleinement conscientes que leur corps va s'en trouver horriblement déformé (les perverses !!)...

Et puis après deux heures passées comme ça à papoter agréablement, on se lèverait - pas trop brutalement pour éviter d'avoir des vertiges - et on irait reprendre nos taxis respectifs pour rentrer chez nous. 

A la limite, si on voulait s'amuser un peu, avant de se quitter, on demanderait à Alfred de nous prendre en photo façon réplique de la dernière campagne de publicité Dior

Et on la dédierait à tous ces gens qui n'ont même pas pour ambition dans la vie de peser moins de 45 kilos... 

Encore une micro goutte de thé au jasmin, les coupines ?

lundi 27 octobre 2014

Devenir adulte contre son gré


Je me souviens très bien du jour où, à ma demande expresse, on m'a accordé le droit de laver la baignoire. 

Avec du vrai produit ajax, une vraie éponge et un vrai pommeau de douche.

Tout comme une grande personne.

Vous ne vous étonnerez pas d'apprendre que ce moment compte parmi ceux où j'ai ressenti la plus grande fierté de ma vie.  

La fierté de mettre un premier pied dans le monde intriguant et jusque là inaccessible des adultes. 

Bien sûr, ce moment, s'il fût intense, n'en fût pas moins également extrêmement fugace.

Dès la quatrième ou cinquième fois où je renouvelais l'opération lavage de la baignoire, le charme opérait bizarrement déjà beaucoup moins.

A compter de la septième ou huitième fois, j'assimilais carrément cette opération sanitaire à – oui, n'ayons pas peur des mots – une corvée.

Bref, ce que m'apprît cette histoire tragique de mon existence, c'est que le monde des adultes ne vaut pas toujours le coup qu'on le découvre trop tôt... 

C'est la raison pour laquelle, lorsque je suis devenue une suffisamment grande fille pour avoir mon propre chez moi – et accessoirement un travail et un compte bancaire présentant un solde créditeur de plus de 200 euros – j'ai repoussé et repoussé et repoussé encore un peu, et même un peu plus, le moment d'annoncer à maman :

"STOP maman, maintenant, à compter de ce jour, c'est moi qui m'occupe de mon linge !"

Et je l'ai tellement repoussé que trois ans – presque quatre – après mon installation, je n'avais toujours pas fait l'acquisition d'une machine à laver.

Mais pourquoi ? allez-vous me demander. 

Car, après tout, ce n'est pas parce que l'on dispose d'un tel équipement que l'on doit pour autant renoncer définitivement à confier son linge à une personne de confiance de son entourage familial !

C'est vrai, mais il est parfois dangereux de laisser s'installer certaines ambiguïtés.

Cela vous surprendra peut-être beaucoup, mais certaines personnes sont susceptibles de faire un amalgame quelque peu hâtif entre deux concepts pourtant fondamentalement différents tels que je dispose d'un lave linge et je tiens à m'en servir pour laver tout mon linge moi-même...

Et puis, un beau jour, il n'y a pas si longtemps, je suis partie à Cannes (le tapis rouge, la dolce vita, les palmiers et les moustiques) avec une serviette de plage que j'ai considérablement utilisée en quatre jours au point qu'elle ne s'annonçait plus très fraîche pour le week-end suivant où je devais me rendre dans le Poitou après une courte escale à Paris. 

Or, dans le Poitou, une serviette de plage pouvait m'être également très utile car même s'il n'y a pas de mer à côté (ni tapis rouge ni palmiers, d'ailleurs) (mais les moustiques, si, par contre), on trouve quelques ruisseaux glacés dans lesquels les plus téméraires peuvent le cas échéant tenter de glisser un pied. 

Bref, à mon retour de Cannes et avant mon départ pour le Poitou, Coco à qui j'avais fait part de la délicate situation dans laquelle je me trouvais, m'a spontanément proposé de s'occuper de laver ma serviette de plage.

Sur le coup, au lieu de prudemment refuser – on ne sait jamais à quoi vous engage un service – j'ai accepté en la remerciant chaleureusement : 

« Trop sympa, Coco, tu es une vraie amie, ce we dans le Poitou avec une serviette de plage propre qui sentira bon la lavande industrielle promet d'être absolument mythique ! ».

Le problème c'est que si Coco a lavé ma serviette de plage en temps et en heure, sans faire dégorger les couleurs et sans que ses vêtements déteignent sur elle, elle n'en est pas restée là. 

Tout ça parce qu'au moment où elle me l'a rapportée, j'ai cru utile, par pure politesse, de me lancer dans une grande déclaration parfaitement formelle du type « c'est quand même bien pratique les machines à laver », elle s'est cru autorisée à insister pour que je m'en procure une. 

Comme si, parce qu'elle avait lavé une fois une de mes affaires, elle pouvait se permettre de décider des grandes directions de ma vie - quand maman qui a lavé mon linge pendant près de 30 ans est toujours restée très respectueuse des mes choix sur ce point.

Cela a commencé par le transfert par mail d'une annonce d'un particulier qui vendait son lave linge. 

Puis par le transfert d'une deuxième annonce. 

Puis d'une troisième. 

Peu après, a suivi un texto : 

« Alors, tu te décides pour la machine de l'annonce que je viens de t'envoyer ? ».

Là, je me suis dit, pas de panique, j'ai la parade idéale : 

« Ecoute, le vendeur indique qu'il faut qu'elle parte avant la fin de la semaine, et là, impossible, de trouver une voiture pour la transporter en aussi peu de temps ».

Nouveau texto deux secondes plus tard : 

« Tu veux que je demande à mon frère ? »

Dix minutes après, elle me confirmait que son frère était disponible et trois heures plus tard je me retrouvais avec un lave linge proline de trois ans d'âge envahissant la moitié de l'espace de ma salle de bain. 

Ce soir là, en m'installant dans mon canapé après avoir remercié Coco, son frère Nono et Bob également requis pour l'expédition lave linge, j'ai eu comme le sentiment d'avoir pris un méchant coup de vieux. 

Mais je me console en me disant qu'à ce jour, je n'ai pas encore de lave-vaisselle. 

Et que ce n'est pas près d'arriver puisque je n'ai pas d'emplacement pour. 

Ouf ! 

lundi 6 octobre 2014

Le ridicule ne tue pas


... mais il fait quand même sacrément mal aux yeux !

Deux règles fondamentales à ne pas oublier dans la vie :

     1) on s'interdit les nu-pieds / short, surtout dans le métro,

     2) on bannit les chaussettes, surtout dans les nu-pieds.

Et, dans le doute, on en revient aux grands principes de dignité humaine et de respect de soi et des autres...

Merci par avance de ne pas répéter cette ignominie.


Heureusement, nous n'avons eu que trois stations en commun...

jeudi 2 octobre 2014

Maîtriser ses classiques


En 1882, l'école devenait obligatoire pour tous.  

Près d'un siècle et demi plus tard (oui, je sais, j'anticipe un peu, mais le temps passe si vite...), on aurait pu s'attendre à ce que tout Français ayant traîné ses fonds de culotte sur les bancs de l'instruction publique ait vaguement la maîtrise de 2 - 3 notions de base du monde qui l'environne. 

Bref, que le Français lambda qui squatte son PMU à 22h avec deux potes alccoliques comme lui, en faisant des commentaires étonnamment pertinents sur les passants (les passantes ?), ne trahisse pas, en une apostrophe, un vide abyssal de culture...

En gros, qu'il ne lance pas à la fille blonde qui passe devant sa bière : 

"Hey, Blanche-neige !"

Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'était pas forcément tant que ça dans l'erreur, parce que la fille en question était peut-être aussi pâle que Blanche-neige.

Blanche-neige est brune, un point c'est tout. 

                  #fail

lundi 29 septembre 2014

Message caché


L'autre jour, je suis allée déjeuner chez mon brother.

Rien d'exceptionnel a priori.

Surtout pour les gens qui ont un frère.

Oui, mais là où les choses sortaient un peu de l'ordinaire, c'est que je me rendais pour la première fois dans son nouveau logement.

Et pas n'importe quel logement.

Pas un studio de 20m2, avec douche dans le frigidaire et wc sur le balcon. 

Non, un vrai appartement de grand.

Du style 54m2 avec cuisine indépendante, chambre indépendante et sanitaires indépendants.

Autant dire qu'après avoir fait le tour du propriétaire (3 heures au bas mot), j'étais légèrement déboussolée moi qui ai l'habitude de surfaces un peu plus, dirons-nous, "à taille humaine"...

Heureusement, mon frère, à la hauteur de sa nouvelle installation, avait tout prévu. 

Un peu d'air frais par la fenêtre ouverte, un fauteuil Empire confortable et un verre d'une excellente bière bretonne laissée là par un ami de passage, tout cela m'a très vite remise d'aplomb. 

Au bout d'une demi heure, je crois que je peux même affirmer que j'avais quasi totalement récupéré mes esprits. 

C'est à ce moment là que mon frère m'a abandonnée une seconde pour retourner jeter un coup d'oeil au risotto qu'il avait la gentillesse de préparer tout exprès pour moi (et aussi un peu pour lui, quand même). 

- Vous noterez ici que le grand inconvénient de ne pas avoir sa cuisine au centre d'une unique pièce, calée entre un clic-clac et une table de chevet faisant office tout à la fois de plan de travail / table à manger / égouttoir / bureau / escabeau / plumeau, c'est que quand vous devez surveiller un plat, vous êtes obligé de suspendre la passionnante conversation que vous aviez avec votre hôte et de le laisser là en plan. 

Avec le risque non négligeable qu'il se mette à fouiner dans vos affaires.

D'où l'intérêt de n'emménager dans un logement d'une telle surface qu'une fois que la vie vous a doté d'un (merveilleux ?) conjoint susceptible de poursuivre brillamment votre propre conversation quand les impératifs culinaires vous obligent à vous éclipser de surveiller vos invités pendant que vous avez le dos tourné. -

Bref, livrée à moi-même, après avoir compté le nombre de velibs disponibles à la station juste en bas de l'immeuble, avoir admiré la caisse à outils toute neuve qui trônait dans un coin du salon et avoir pris connaissance du détail des additifs contenus dans le saucisson au poivre vert de Madagascar que j'avais apporté pour l'apéritif, j'ai fini par arrêter mon regard sur le sous-verre de fortune qui m'avait été attribué.

Rien d'extraordinaire à première vue, juste un morceau de journal soigneusement découpé. 

Mais comme j'étais vraiment désoeuvrée et surtout comme il n'y avait pas l'air d'avoir trop de texte dessus, je me suis lancée dans sa lecture. 


Et c'est là que j'ai réalisé que trônait pile en face de moi l'inscription suivante :

"Théorie de la vilaine petite fille". 

Je ne sais pas s'il y avait beaucoup de chances pour que mon frère tombe précisément sur ce passage lorsqu'il s'est lancé dans la confection maison de ce sous-verre, mais il a en tout cas fermement nié toute intention maligne quand, à son retour de la cuisine, je l'ai accueilli par un glacial : 

"Alors comme ça, tu m'insultes gratuitement par sous-verre interposé, moi qui en plus viens de t'apporter un excellent saucisson au poivre vert de Madagascar bourré d'additifs ?!!"

Mais comme le risotto était délicieux et même pas empoisonné, j'ai dû me rendre à l'évidence : non, vraiment, tout ça n'était que pur hasard.

Ginger n'est pas une vilaine petite fille. 

A moins, bien sûr, que derrière la main innocente qui s'était chargée de découper le morceau de journal, ce soit en réalité la Vie qui ait entendu m'appeler à une saine prise de conscience sur moi-même... 

jeudi 25 septembre 2014

Je suis venue te dire...


4 ans de fidélité à toute épreuve. 

Il était toujours là pour moi, il m'accompagnait où que j'aille. 

Dans les rendez-vous professionnels les plus glauques, dans les pires soirées de l'histoire du monde des pires soirées.

Il n'avait pas peur de m'écouter pendant des heures.

De m'écouter parler headbands, dossiers, sacs à main, dégivrage de frigidaire. 

Il s'intéressait même à mon blog. 

Assistance photo, assistance écriture. 

Mais depuis quelques temps, je le sens prendre du recul. 

Beaucoup de recul. 

Tellement de recul que je me demande si nous partageons encore autre chose que l'air que nous respirons. 

Dorénavant, il refuse d'envoyer les fichiers texte dans lesquels je prépare mes articles. 

Dès que j'approche, il trouve le moyen d'avoir la batterie à plat. 

Et depuis avant-hier, il fait son difficile pour prendre des photos. 

Je crois que c'est la fin, les amis... 

Question : j'attends qu'il me claque définitivement entre les doigts ou je prends ma vie en main, je le jette, et j'en profite pour courir m'acheter le nouvel Iphone 6 qui me permettra de passer pour la fille la plus hype de la Terre ? 

Beigbeder s'est trompé, en fait l'amour dure 4 ans.

lundi 22 septembre 2014

Wellcome tout le monde !


Ca y est, vous avez osé cliquer sur le lien magique ?

Alors bienvenue sur cette nouvelle page de blog qui, je l'espère, restera telle qu'elle est - c'est-à-dire pas infestée de tout un tas de publicités dégoûtantes - pendant au moins des milliers et des milliers d'années !

(Oui, je compte bien vivre très très vieille, parce que sinon il y a peu de chance pour que j'aie le temps de faire tout ce que j'ai envie de faire - jeux olympiques de lancer de poids, écriture d'un roman ambitieux et soporifique, spectacle de air guitar devant 3 millions de personnes, dégustation de lait de yak à la gelée de framboise, saut en parachute depuis la Tour Eiffel, traversée du Pacifique en matelas gonflable... - malgré les judicieux conseils d'Alphonsine !)

Un mot avant de se retrouver pour des vrais articles "de fond" comme j'ai l'habitude d'en publier au moins une quinzaine par semaine sur mon blog (si, si) : 

1) n'oubliez pas de rentrer votre adresse mail dans l'encart situé en haut à droite de cette page pour être sûr d'être prévenu en temps et en heure de tout nouvel arrivage gingerial,

2) n'hésitez pas à marquer de votre empreinte personnelle ce nouveau blog : rien ne me fera plus plaisir que de laisser, en réponse à l'un de vos généreux commentaires, un message parfaitement futile et dépourvu de cohérence ! 

A très très très très très vite et merci d'être là encore et toujours !

PS : le transfert du blog n'est pas encore totalement achevé dans la mesure où il faut que je réinsère toutes les photos qui illustraient mes articles publiés sur Overblog... Soyez indulgents comme vous aimeriez qu'on le soit avec vous si jamais vous vous lanciez dans un numéro de trapèze volant sans avoir jamais tenu un trapèze volant entre les mains (le tout sans filet, bien sûr). 

Pendant que certains arrachent les affiches du métro, d'autres rejoignent Blogger...

jeudi 18 septembre 2014

Coup de vieux

 
Hier matin, comme il m'arrive de le faire environ une fois tous les 15 jours, j'ai pris le temps de relever mon courrier. 
 
Relevé bancaire. Billets de train. Carte postale d'Ardèche de Béa. Publicité pour des sushis.
 
Rien que du très classique. 
 
Et puis, et puis, dissimulé au fond de ma boîte aux lettres...
 
Mon premier courrier Damart.  
 

 
Je sais bien que j'ai un an de plus que l'an dernier, deux ans de plus qu'il y a deux ans et même dix ans de plus qu'il y a dix ans. 
 
Mais je n'imaginais pas que Damart serait déjà au courant...
 
Qui m'a dénoncée ??!
 
Allez, une petite robe de chambre molleton polaire antiboulochage ?

lundi 15 septembre 2014

S'auto-mettre la pression


Vous l'aurez peut-être remarqué, mais dans la vie, il y a des tas de choses que l'on est très tenté de remettre à demain. 
 
On veut les faire, on est presque sur le point de les faire, et puis quand on arrive au moment qu'on s'est fixé pour les faire, eh bien on se trouve une bonne excuse pour ne pas les faire.
 
On n'a plus vraiment le temps / on est fatigué / il pleut dehors / c'est l'heure des informations sur BFM TV...
 
Le lendemain, même scénario. 
 
Le surlendemain, idem. 
 
De fil en aiguille, il y a tout à parier qu'au moment de rendre son dernier soupir, on ne s'en soit toujours pas occupé...
 
Si l'on faisait le compte, on découvrirait sans doute des millions d'artistes de génie morts sans avoir réussi à donner le jour à leur Mona Lisa, à force d'avoir repoussé le moment où il leur faudrait travailler de leur pinceau. 
 
Et je ne vous parle même pas de tous les petits Mozart qui ont préféré passer du temps à empiler bêtement des cubes en plastique plutôt que de composer de somptueuses symphonies...
 
Tout ça pour dire que malgré mon penchant naturel pour la paresse, je ne tiens pas à passer à côté de ma véritable vocation. 
 
La vocation que je me suis découverte cet été, pendant les vacances, lorsque maman a rapporté de la médiathèque des magazines de cuisine parce qu'il pleuvait trop pour envisager de faire autre chose que de lire des magazines de cuisine (non, non, nous n'étions pas en Bretagne). 
 
Ma vocation s'appelle le GATEAU AU MASCARPONE FACON CHEESECAKE.
 
La difficulté, c'est que j'ai au moins mille façons d'occuper mon temps à autre chose qu'à ma vocation. 
 
Du coup, comme il n'existe pas encore d'entreprises susceptibles, à ma demande expresse, d'user de tout moyen de contrainte pour me déterminer à y répondre promptement (j'ai cherché, je n'ai pas trouvé), je suis obligée de recourir à de savants subterfuges pour m'y auto-obliger.
 
C'est la raison pour laquelle je publie dans ce billet cette fameuse recette vocationnelle.
 
Parce que je sais que si je ne l'ai pas réalisée sous quinzaine, vous serez sans pitié avec moi, que vous me harcelerez de mails, que vous laisserez des insultes en commentaires, ou même que vous viendrez mettre le feu à mon studio.
 
Bref, de quoi m'inciter fortement à ne pas remettre à trop de lendemains sa réalisation.
 
D'avance, merci. 

jeudi 11 septembre 2014

La stratégie payante d'Overblog

Je ne sais pas si vous les avez testés mais il existe dans la vie différents moyens d'inciter fortement les gens à lever le camp de votre canapé (clic-clac en ce qui me concerne). 

Pêle-mêle, je citerai : 

1) les mettre à contribution pour des tâches domestiques réputées ingrates (curetage de WC, catalyse du four, siphonnage de la baignoire),

2) dénigrer de façon systématique les différents éléments de leur environnement (logement, voiture, travail, destination de vacances),

3) leur dresser la liste exhaustive de leurs imperfections morales et de leurs tares physiques, 

4) faire de même à l'égard de leur entourage familial et amical,

5) balancer leurs affaires par la fenêtre,

6) mettre le feu aux vêtements qu'ils portent.

Tous ces exemples ont en commun d'installer assez vite la personne concernée dans une situation relativement inconfortable qui fera très rapidement naître chez elle le désir de vous quitter illico. 

Ce qui peut s'avérer très pratique si vous trouvez sa compagnie ennuyeuse ou tout simplement embarrassante parce que vous avez mieux à faire à cet instant (regarder votre dvd des meilleurs épisodes de La petite maison dans la prairie, cuisiner un gâteau pour la fête des voisins, écrire une poésie en hommage aux pigeons des jardins publics).

Overblog a bien compris la méthode. 

A force d'avoir de plus en plus de gens sur sa plateforme de blogs, il a pensé qu'un peu de solitude ne pourrait pas lui faire de mal. 

Alors, un beau matin du mois de juillet - le 31 juillet très exactement - il m'a envoyé, comme à des tas d'autres blogueurs, un mail en m'annonçant que : 

"Pour continuer de vous fournir un espace d’expression libre, gratuit et facile d’accès, votre blog extraitsdeginger.over-blog.com intégrera prochainement quelques espaces publicitaires".

Quand j'ai lu ça je me suis dit que Pfffiou, moi qui avais choisi cette plateforme parce qu'elle offrait la possibilité d'avoir un blog avec uniquement du contenu éditorial, c'était bien ma veine...

Mais je m'étais peu à peu habituée, pendant le mois d'août où je ne disposais que du minimum du minimum de la connexion internet, à l'idée que désormais je trouverais sur ma page d'accueil un ou deux discrets encarts publicitaires pour des collants dim ou autres produits superficiels dénués de tout lien avec le contenu de mon blog (enfin presque...). 

Naïve que j'étais ! 

Ce n'est pas un ou deux discrets encarts publicitaire que j'ai aperçus en me connectant. 

Non, c'est tout un déluge de bannières lumineuses clignotantes de toutes les tailles et évoluant dans tous les sens, d'une esthétique absolument infâme, qui s'est tout à coup affiché sur mon écran. 

Encore une chance qu'Overblog ait jugé mes articles suffisamment intéressants pour ne pas en mettre directement sur le texte... 

En tout cas pas pour l'instant. 

Bref, Overblog, je t'en informe officiellement : j'ai compris le message. 

Et j'en tire toutes les conclusions qui s'imposent. 

Je ne traînerai plus trop longtemps sur ta plateforme malgré les liens qui nous ont unis ces dernières années, toi et moi, et que je croyais sacrés à tes yeux (c'est en tout cas à peu près le discours que tu m'avais tenu dans ton message de bienvenue). 

Je me suis trompée, c'est vrai. 

Mais je ne compte pas rester dans l'erreur plus longtemps. 

Laisse-moi juste le temps de trouver une nouvelle plateforme de blogs - sans publicité obligatoire - assez charitable pour bien vouloir m'accueillir au pied levé, et tu pourras vanter les qualités de la société de consommation ailleurs. 

Parce qu'il faut quand même pas pousser mémé.

Et dans l'intervalle, cher lecteur, si toi aussi tu as du mal à supporter l'agression visuelle dont mon blog est devenu le théâtre, je t'invite à télécharger le logiciel ADBLOCK qui te permettra en quelques astucieux clics de supprimer efficacement cette pollution publicitaire. 

Parce qu'il faut quand même pas pousser mémé. 


lundi 8 septembre 2014

Lendemains de vacances

Vous l'ignoriez sans doute, mais tout ce mois d'août j'étais en vacances.

Je n'en ai rien dit sur ce blog parce que je l'avais un peu laissé à l'abandon parce que j'aime rester discrète.

Et surtout parce que je ne voulais pas totalement désespérer ceux de mes valeureux lecteurs qui avaient décidé de poser leurs congés en juillet pour reprendre le travail juste au moment où tous leurs collègues/relations/amis/famille quitteraient leurs bureaux en poussant des hurlements de joie, les bras levés vers le ciel, avec la même rapidité que s'ils étaient poursuivis par un chasseur psychopathe désireux de s'exercer sur eux au tir au pigeon.

Parce que, oui, c'est bien connu, le travail est un facteur d'épanouissement de l'Homme.

(relire cette phrase autant de fois qu'il est besoin pour s'en convaincre)

Bref, je suis partie en vacances tout le mois d'août.

Et comme les meilleurs choses ont une fin, j'en suis revenue lorsque les toscans de son funeste 31e jour ont résonné.

(j'ai aussi pas mal bossé la poésie pendant l'été)

La particularité, c'est que, cette année, je suis partie sans mon ordinateur.

Celui qui était blanc à l'origine et qui est jaune maintenant, dont le clavier révèle une propreté très douteuse, et depuis lequel je m'occupe tout à la fois de mon blog, de déclarer mes impôts et aussi de dossiers dits professionnels (enfin pas trop souvent). 

A mon retour, lorsque j'ai mis un pied chez moi, j'ai soigneusement évité de laisser mon regard s'arrêter sur lui.

Je devinais bien le petit air narquois avec lequel il me contemplait, débarquant sur le pas de la porte avec mon sac de randonnée trois fois plus gros que moi, mes chaussures immondes de randonnée Ketchua aux pieds, mon chapeau de paille à la main et tout un lot de coups de soleil un peu partout.

Je savais pertinemment qu'à cet instant il ricanait en se disant que je ne pourrais plus l'esquiver davantage.

J'ai fait comme si de rien n'était.

J'ai posé mes affaires.

J'ai regardé si tout était en ordre chez moi.

Pas de fuite d'eau sous le lavabo, les WC, l'évier, le frigidaire.

Pas de départ de feu dans mon four ou au niveau de mes plaques de cuisson.

Pas de dispartion de rivières de diamants, de manuscrits étrusques ou de tableaux de maître (normal, je n'en ai pas).

J'ai défait mes affaires.

Je les ai rangées.

J'ai lancé une machine.

J'ai ouvert un paquet de gaufrettes au chocolat.

Je me suis assise sur mon clic-clac.

J'ai terminé mon paquet de gaufrettes au chocolat.

Et puis je me suis résolue à l'idée que ça y est, j'avais épuisé toutes les possibilités d'échapper au tête-à-tête avec mon ordinateur, qu'il ne me restait plus qu'à prendre mon courage à deux mains et à faire face.

Je l'ai ouvert en faisant semblant de ne pas voir son air moqueur.

Après avoir pris un cocktail de tranxene et de butagaz, je me suis connectée à ma messagerie.

C'est là que, commme je m'y attendais, j'ai découvert mes 95876 mails non lus.

J'ai été forte, je n'ai même pas pleuré. 

J'ai juste regretté le temps où la correspondance se faisait seulement par lettres et où on les acheminait par cheval en 6 mois - 1 an (dans le meilleur des cas).
 
Les gens devaient réfléchir à deux fois avant d'envoyer leur courrier...

J'aurais pu aller plus loin et regretter le temps où l'on ne partait pas en vacances puisque l'on n'en avait pas. 

Mais c'est bizarre, je ne sais pas pourquoi, en fait non. 


Cette année, personne n'a pensé à m'envoyer un pigeon voyageur, c'est toujours ça de pris.
 

jeudi 4 septembre 2014

Souriez, c'est la rentrée

D'après ce que j'ai compris en me connectant à ma page facebook hier matin, il est de la dernière mode de poster une photo de ses enfants le jour de leur rentrée à l'école.

Devant le portail de l'école, dans la cour de récréation, sous les porte-manteaux... qu'importe !
 
Le tout est d'exhiber de façon la plus ostentatoire possible sa progéniture en pleine angoisse de reprise scolaire. 

Et je ne vois vraiment pas pourquoi je devrais être en reste. 






mercredi 30 juillet 2014

Conseils beauté

 
Hier, je me suis rendue auprès de l'une des entreprises pour lesquelles je travaille régulièrement depuis un peu plus d'un an déjà.
 
La-bas, parmi l'armada d'employés plus ou moins avenants qui en composent l'effectif, il faut savoir que mon interlocuteur privilégié est une secrétaire âgée d'une bonne soixantaine d'années, Liliane, qui travaille à cet endroit depuis tellement longtemps maintenant qu'on dirait presque qu'elle fait partie des murs.
 
N'allez pas me demander comment on peut avoir le sentiment que quelqu'un fait partie des murs, c'est comme ça, ça ne s'explique pas, c'est tout.
 
Mais la particularité absolument fondamentale de cette secrétaire, c'est qu'elle s'est visiblement prise d'affection pour moi.
 
Peut être parce que je suis blonde comme elle l'était, que j'ai les yeux bleus comme elle les a toujours et que j'ai vécu dans la région dont elle est originaire, elle m'accueille souvent de l'air attendri d'une mère qui retrouve dans son jeune enfant un peu de ce qu'elle fût dans sa prime jeunesse.
 
- Elle est très mignonne ta petite robe écossaise, tu sais elle me rappelle celle que je portais quand j'allais au lycée ! (ton maternel, sourire ému)
 
Passons sur le fait qu'il ne s'agit pas du tout d'une robe écossaise - même s'il y a des rayures de différentes couleurs dans différents sens - et que je n'ai plus tout à fait 13 ans.
 
Dieu merci, j'ai suffisamment de recul sur la vie, le monde et la vérité en général pour distinguer une réflexion à la justesse approximative d'une insulte (mais tout juste).
 
- Tu as vraiment un joli blond tu sais, ai-je eu droit la dernière fois que je suis passée rapporter un dossier, ce serait difficile pour un coiffeur de le reproduire avec tes mèches cendrées. Tu aimerais bien garder toujours tes cheveux de cette couleur, je suis sûre !
 
Là, je me suis retrouvée dans la peau de la Ginger de 5 ans devant qui les dames qui entreprenaient sa maman à la sortie de l'école – le cauchemar de tout enfant normalement constitué – prédisaient, telles de grandes prêtresses de l'Athènes antique, qu'un jour elle foncerait à son tour pour devenir aussi châtain terne qu'elles – sous-entendu : qu'elle rentre dans le rang elle aussi !
 
Je croyais qu'allègrement passée la période de ma petite enfance, ce temps était définitivement révolu. 
 
Mais en fait non, point du tout.
 
Non, puisque même si je n'ai plus tout à fait 5 ans, Liliane arrive malgré tout à discerner encore chez moi, de façon apparemment très nette, le côté poupin et naïf qui me serait resté de ces lointaines années...
 
- Tu as les sourcils très clairs aussi, un peu comme moi, a-t-elle ajouté tout en ôtant ses lunettes pour que je puisse les admirer.
 
Je les ai regardés, et c'était vrai.
 
Ils sont effectivement très clairs. 
 
D'ailleurs on ne les voit quasiment pas. 
 
Et puis, sans même le chercher, mes yeux se sont tout à coup trouvés irrésistiblement attirés juste un peu plus bas, au niveau de ses paupières.
 
Et là, qu'ai-je vu ? 
 
Une horrible déclinaison chromatique, alliant un far à paupière grenat bien insistant– sans doute conçu, à l'origine, par un collectif de sécurité routière, pour compléter la panoplie de survie gilet jaune fluo/triangle rouge réfléchissant de l'automobiliste en panne sur la bande d'arrêt d'urgence – et des cils habillés d'un bleu roi massif, frôlant le bleu de Chartres mais quand même pas tout à fait (dommage).
 
In petto, je me suis évidemment fait la réflexion qu'on pouvait très bien avoir des sourcils blonds et  rater totalement son maquillage.
 
Et je n'ai pas manqué, dans la foulée, de me féliciter du suprême bon goût de mon discret far a paupière rose et de mon léger mascara brun...
 
Mais il ne m'a pas fallu trop longtemps pour me rendre compte qu'en fait, tout le monde ne l'appréciait pas autant que moi. 
 
Je l'ai compris nettement lorsque Liliane a ajouté : 
 
- Tu sais, tu devrais mettre un peu de far à paupière et de mascara, ça souligne quand même le regard, surtout quand on a une peau claire et des cils blonds comme nous !
 
A cet instant, laissant de côté toute réaction d'amour propre relativement au fait que j'arrive à me maquiller sans même que cela se voie, je me suis imaginée avec le même maquillage que Liliane.
 
Ou plutôt, j'ai essayé de m'imaginer avec le même maquillage que Liliane
 
Mais avant que mon esprit ne parvienne à une telle image, j'avais déposé mon dossier dans l'étagère prévue à cet effet, pris congé de Liliane, passé le sas de sortie de l'entreprise et couru comme jamais jusqu'à la pharmacie la plus proche pour me bourrer de psychotropes. 
 
Que mon maquillage ne se voie pas, c'est une chose. 
 
Mais que l'on suscite chez moi des visions horrifiques dont je suis le point central, c'est juste une forme de torture mentale hautement destructrice...
 
La prochaine fois que je retournerai voir Liliane, je m'arrangerai pour discuter de la pluie et du beau temps. 
 
Les risques de dérapage sont quand même nettement mois grands.
 
Pffiou... ce temps de rentrée est vraiment déprimant, Liliane,
tu crois que ça va s'arrêter quand ?!!

mercredi 23 juillet 2014

Vivre à contre-temps

 
Pourquoi louer une villa au soleil à 2.000 km de chez soi quand on peut s'organiser un séjour en cité HLM à moins de 15 minutes ?
 
Pourquoi chercher en supermarché des escargots au beurre persillé surgelés quand on a à portée de main de délicieuses limaces fraîches du jardin ?
 
Pourquoi acheter des robes de plage aux soldes d'été quand on peut s'offrir des tas de collants pour l'hiver ? 
 
Oui, pourquoi ? 
 


 

jeudi 12 juin 2014

Mon Dieu que le temps passe

 
C'est sur un excellent lieu commun que j'ai décidé de célébrer cette date exceptionnelle du 12 juin. 
 
163e jour de l'année du calendrier grégorien - le 164e en cas d'année bissextile -, il présente la particularité d'avoir su s'associer à : 

- la prise de Troie par les Achéens (une espèce d'araignées mutantes, je crois),

- la victoire de la bataille d'Okehazama par Oda Nobunaga (à moi aussi, ces deux noms n'évoquent rien d'autre qu'un immense brouillard doublé d'une bonne demi-tonne de purée de pois),

- la naissance de Denis Brogniart (ah, ça oui, je connais, et pas qu'un peu vu que je compte bien faire le prochain Koh Lanta pour mesurer mon degré exact de nullité en épreuves aquatiques).
 
Mais là où le 12 juin est vraiment très fort, c'est qu'il a carrément vu naître un blog. 
 
Et quel blog ! 
 
Celui des Extraits de Ginger
 
Trois ans déjà de non-sens, d'absurdités et de vide intersidéral.
 
Et pourtant, trois ans de commentaires, d'échanges et de rencontres ! 
 
A tous ceux qui ont vaillamment supporté mes articles sur mes nouveaux escarpins / mes (faux) problèmes de radiateur / mes (vrais) problèmes de plantes vertes, je dis : MERCI. 
 
MERCI, parce que sans vous l'aventure n'aurait pas été la même. 
 
Il m'aurait manqué une bonne dose de chaleur, de rire et d'émotion, et même de la confiture de quetsches, des caramels au beurre salé, du rosé au pamplemousse, des oiseaux en tissu et une planche rouge à découper avec un chat.  
 
Maintenant que le blog a trois ans, qu'est-ce qui va changer ?
vous demandez-vous tous avec anxiété. 
 
Rassurez-vous : absolument rien. 
 
Il lui reste encore quatre ans avant d'atteindre l'âge de raison, alors ne redoutez pas trop vite l'apparition d'une nouvelle catégorie d'articles intitulée "Philosophie morale", suivie dès lundi de la publication d'une analyse détaillée et critique de la Métaphysique des moeurs.
 
Je sais, je perds certains lecteurs avec une telle annonce, mais tant pis. 
 
Nous ne sommes pas si mal entre nous, après tout ! 

Et puisque c'est sans doute la seule fois qu'il sera évoqué sur ce blog
l'une de ses oeuvres...

lundi 2 juin 2014

Qui aime bien...

Avez-vous déjà croisé une personne qui s'est tout à coup prise d'un véritable engouement à votre égard ?
 
Un jour que vous errez à une soirée où vous ne connaissez pas grand monde, vous tombez sur elle.
 
Comme elle est plutôt bavarde, vous arrêtez temporairement de vous bourrer de pistaches (pour passer le temps et vous donner une contenance), et vous vous mettez à discuter avec elle.
 
Dans la conversation, vous lui dites que vous allez le lendemain à tel endroit.
 
Le lendemain, vous l'y retrouvez.
 
Vous vous abstenez prudemment de décrocher à son appel du surlendemain (point trop n'en faut).
 
Qu'à cela ne tienne, loin de se décourager, elle décide de vous relancer une bonne centaine de fois.
 
Lorsque vous craquez enfin, sans vous laisser le temps de lui expliquer que vous aimeriez bien retrouver la maîtrise de votre téléphone, elle vous propose d'aller lundi au cinéma, mardi dans un pub irlandais, mercredi dans un restaurant chinois, jeudi au théâtre, et vendredi de partir tout le week-end en camping à Honfleur.
 
Là-bas, sous la tente, l'esprit engourdi par le vacarme d'une pluie battante et les -10 degrés saisonniers (la scène se situe au cours d'un week-end prolongé de la fin du mois de mai), elle finit par vous planifier vos vacances et - ô surprise - vous découvrez que vous les passerez au même endroit que les siennes (vous aurez même droit, en bonus, à un crochet par le Périgord pour passer voir Tante Jeanne, Oncle Gérard et leur adorable roquet).
 
Elle vous aime tant qu'elle est prête à dévorer votre temps, votre vie et finalement tout ce que vous êtes.
 
Dieu merci, c'est une expérience à laquelle je n'ai encore jamais été confrontée - sans doute rapport au fait que je fais peur aux gens depuis que je prends en photo toutes les bouches d'égout que je croise sur mon chemin en marchant en canard.
 
Mais tout le monde n'a pas nécessairement ce bonheur. 
 
Tenez, par exemple, Monsieur Nounours, je ne pense pas qu'il avait prévu qu'il ferait un jour l'objet de débordements d'affection tels qu'il en perdrait un bras !

Il n'y pas que dans Toy Story que la vie est difficile pour les ours en peluche...

lundi 26 mai 2014

Bloguer et conséquences

Tout blogueur peut en témoigner : depuis le jour où l'idée un peu folle a germé en lui de déverser sa prose sur le net, où il s'est mis en quête d'un pseudo qui lui ressemble encore plus que son vrai prénom, et où il s'est occupé de sélectionner une plateforme de blog parmi les 15.000 proposées alors que moins-geek-que-lui-tu-meurs, sa vie a changé.
 
Peut-être pas radicalement, mais un peu quand même.
 
Certes, il doit toujours se lever le matin pour aller au travail, s'occuper de sortir ses poubelles deux fois par semaine et endurer de vastes réunions de famille une fois tous les quatre ans. 
 
Mais à côté de ça, il s'est fait des vrais amis dont certains qu'il n'a jamais vus et qui le connaissent pourtant bien mieux que ses vieux potes de service militaire, il sourit béatement aux désagréments de la vie quotidienne comme autant de sources ultimes d'inspiration pour ses futurs billets, il s'en veut lorsque cela fait trop longtemps qu'il n'a pas publié d'articles comme s'il laissait de côté sa véritable part d'humanité.
 
Oui, article après article, le blogueur se mue en être étrange et bizarre.
 
Je m'en suis moi-même rendue compte il n'y a pas si longtemps de cela...
 
Il faut savoir que, passée l'époque de ma prime enfance où le regard du monde m'était absolument indifférent – l'époque où je n'hésitais pas à me glisser à plat ventre par terre sous l'étal du coin boulangerie de mon Maxicoop, pour essayer de repérer les pièces de 10 francs égarées par les clientes (l'appât du gain, déjà) – je me suis retrouvée dans la peau d'une personne que je ne connaissais pas et que j'ai découverte plutôt sensible au jugement critique de son entourage – il pleut des trombes mais tant pis, j'enlève ma capuche, que diraient mes camarades de classe s'ils me voyaient porter ce type d'accessoire vestimentaire tout juste bon à éviter d'attraper une vilaine pneumonie et une affreuse toux grasse ?!.
 
Ce côté là m'est toujours un peu resté par la suite – au grand dam de Maman qui préférait visiblement de beaucoup quand sa petite Ginger rampait par terre pour récupérer de la monnaie.
 
Aujourd'hui encore, me livrer à une fouille en règle des objets déposés sur le trottoir dans l'attente du passage des encombrants suscite chez moi davantage de répugnance que d'excitation à la perspective de peut-être enfin mettre la main sur l'intégrale de la discographie de Joe Dassin (et pourtant Joe Dassin et moi, vous savez...), et je ne vous parle pas d'aller négocier mon prix à une brocante qui me fait un peu l'effet de sacrifier ma dignité personnelle sur l'autel de Mammon.
 
Mais ça, c'est pour le côté de ma vie exempt de toute interférence avec mon blog.
 
Parce que lorsque ma vie entre en résonance avec mon blog, c'est le plus naturellement du monde et sans gêne aucune que je me retrouve à m'accroupir en pleine chaussée, face à une bouche d'égout somme toute très commune, et à la prendre en photo une bonne quinzaine de fois tout en me déplaçant en canard, un peu à droite, un peu à gauche, histoire d'avoir le meilleur angle de vue.
 
Et tout ça pour quoi ?
 
 
Et le pire, c'est qu'après cette séance improvisée de photos, lorsqu'en me relevant, j'ai croisé le regard perplexe de cet homme qui passait sur le trottoir d'en face, au lieu de rougir de honte et de chercher le buisson le plus proche pour aller m'y cacher fissa, j'ai souri intérieurement de la situation.
 
Voilà quelqu'un qui me prend pour une grave déséquilibrée psychique alors qu'en fait, non, c'est juste que je tiens un blog ! me suis-je amusée.
 
C'est vrai, les gens ont si peu d'imagination que je crains qu'il ne lui soit même pas venu à l'esprit que Ginger, la fille qui publie ses Extraits, c'était peut-être moi...

Pas de photo du monsieur, je remets celle de la bouche d'égout.

jeudi 22 mai 2014

Le beau geste

Il y a des gestes qui restent inscrits à jamais dans l'histoire. 
 
Le lâcher de vase à Soissons, le lancer de poignard de Charlotte Corday, le coup de tête de Zidane à Materazzi parce qu'il avait insulté (au choix) sa mère/sa soeur/sa tante/son arrière-grande-nièce.
 
Ces gestes ont sans doute revêtu une importance variable dans le cours de l'univers. 
 
Là où le lâchage du vase de Soissons nous a très vraisemblablement épargné l'introduction d'une énième potiche sans intérêt dans le musée des arts décoratifs de Trifouillis-les-oies, le poignardage de Marat dans sa baignoire nous permet sans doute de fréquenter un certain nombre de gens qui, sans ça, n'auraient jamais eu l'heur de voir le jour (de même qu'au moins un de leurs parents, grands parents, arrière grands parents... tout ça en remontant jusque 1793). 
 
Quant au coup de tête de Zidane, il est clair que sans lui, son auteur n'aurait pas eu de carton rouge, ce qui aurait évité la plus grosse injustice de tous les temps et sans doute aussi pas mal de suicides de ballons de football (mais Materazzi avait insulté sa mère/sa soeur/sa tante/son arrière-grande-nièce, quand même !). 
 
Tous ces gestes, allez savoir pourquoi, ont connu une publicité certaine sur le coup, que l'Education nationale s'est arrangée pour faire perdurer par la suite, et qui font d'eux, aujourd'hui, de véritables légendes (oui, le coup de tête de Zidane aussi). 
 
Mais cela ne veut pas dire que dans la vie quotidienne, il ne puisse pas arriver d'assister aussi à des gestes qui sortent de l'ordinaire.
 
Seulement, la plupart du temps, pour peu que BFM TV ne soit pas sur le coup, ils sombrent aussitôt dans un oubli éternel. 
 
Je me souviens de ce jour où, en voulant renvoyer une balle de tennis, je l'ai frappée d'une façon telle qu'elle s'est coincée dans le cadre même de ma raquette (ce que j'ai découvert après avoir d'abord cru qu'elle avait été aspirée par un vaisseau extraterrestre invisible, faute d'avoir entendu le moindre rebond). 
 
Il y a eu ce jour, aussi, où je réalisais un gâteau avec ma grand-maman et où après avoir lourdement insisté pour qu'elle me laisse casser les oeufs (si, si, je sais comment faire grand-maman !), j'ai tout bonnement serré l'un d'eux dans mon poing, de toute la force de mes 4 ans, pour le faire littéralement exploser au-dessus du bol (alors, il est pas beau ce cassage d'oeuf grand-maman ?!). 
 
Plus récemment, en cherchant à sortir un plat de mon placard plutôt encombré, j'ai réussi à en casser quatre à la fois. 
 
Autant de très beaux gestes dont la publicité ne franchira hélas jamais les limites (virtuelles) de ce blog... 
 
Mais n'allez pas croire que j'écris cet article uniquement pour me mettre outrageusement en valeur aux dépens de mes lecteurs qui n'ont jamais eu le moindre beau geste. 
 
C'est en soi très regrettable, sans doute, le signe d'une vie à moitié vécue, incontestablement, mais je ne suis pas du genre à m'étaler complaisamment sur mes talents personnels. 
 
Et la preuve, c'est qu'en fait je voulais vous parler de ceux de mon frère, qui, même s'il appartient à la même famille que moi (c'est en tout cas ce que dit l'état civil), a un mode de fonctionnement assez distinct de celui sur la base duquel on m'a programmée (par exemple, il aime les westerns spaghettis, moi pas) (mais j'aime les spaghettis). 
 
Je n'irai pas jusqu'à détourner le titre d'un film pour affirmer « mon frère ce héros », par respect pour le film, d'abord, et par souci de la vérité, ensuite, mais il me faut bien reconnaître que, dans une certaine circonstance, il a eu un vrai beau geste. 
 
Comprenez-moi bien, pas le beau geste, juste beau et puis c'est tout. 
 
Non, le très beau geste. 
 
Le geste qui ne laisse personne indifférent. 
 
Le geste qui force l'admiration de tous. 
 
Bref, le geste remarquable. 
 
C'était il n'y a pas si longtemps, nous zonions tous les deux ensemble non loin de l'appartement familial, histoire de nous donner une contenance, lorsque, comme cela nous arrive très souvent quand nous nous ennuyons ensemble, il a commencé à sortir son portable.
 
Je ne sais pas si la manoeuvre était destinée a me faire croire qu'il venait de recevoir un texto (je fais ça très souvent aussi pour laisser penser que j'ai des amis), mais toujours est-il qu'en dégageant ainsi son portable de sa poche, celui-ci lui a échappé des mains pour esquisser un superbe vol plané convexe, qui s'est achevé par une sortie toute en légèreté à travers l'interstice - large de quelques centimètres seulement - de la bouche d'égout du trottoir voisin.
 
Passé le moment de stupeur, je n'ai pu réprimer un éclat de rire – nerveux, n'en doutons pas – devant un spectacle aussi beau qu'improbable.
 
Je tiens à préciser ici, pour la moralité de l'histoire, qu'il ne s'agissait pas d'un I-phone 3400 à coque en diamants, mais plutôt d'un vieux portable arrière-gardiste noir et blanc à 10 textos de mémoire, que même un enfant de deux ans se sentirait humilié d'avoir pour jouet. 
 
Toujours est-il que mon brother n'a pas trop mal pris ma réaction et a même quasi ri lui-même (quasi).
 
Et que, finalement, les choses ne se sont pas terminées trop dramatiquement, puisqu'il a réussi à soulever le cercle en fonte situé au-dessus de la bouche d'égout et à récupérer son portable sain et sauf dans un recoin facilement accessible où il avait manifestement eu la bonne idée de ricocher plutôt que d'aller sombrer 5 mètres plus bas dans un fond boueux sans doute rempli de crocodiles. 
 
Un geste parfait jusqu'au bout comme on en voit malheureusement trop rarement...
 
Une preuve que les portables et les bouches d'égout peuvent aussi être les instruments de véritables élans artistiques. 


lundi 19 mai 2014

Oser la confiance



Oui, je sais, il n'y a pas si longtemps je publiais un article intitulé "Apprendre à se faire confiance" dans lequel, je racontais que mieux valait ne jamais croire personne.

 
Aujourd'hui, je publie un nouvel article dans lequel j'affirme au contraire qu'il est important de faire confiance aux autres.
 
Ne me dites pas que c'est un peu contradictoire, je le sais déjà.
 
En fait, affirmer quelque chose puis son contraire ne me gêne absolument pas, je dirais même que cela fait un peu partie de la richesse de mon caractère qui sait saisir à travers n'importe quel élément anodin toute une infinité de nuances qui échappent en règle générale à la plupart des gens.
 
Il est normal pour moi de trouver que, vu de 5e étage, l'abribus en bas de mon immeuble est ridiculement petit (un abribus pour Polly Pocket).
 
Et il est tout aussi normal pour moi de le trouver d'une taille tout à fait respectable lorsque je descends mes 5 étages et que je vais y attendre le bus (un abribus à taille humaine pour le coup).
 
Quand je dis dans une même phrase, sans autre précision, que l'abribus est vraiment, vraiment petit mais qu'il est quand même d'une taille très correcte quand on y pense, certes, objecticvement, quelque part, je me contredis.
 
Mais je reste pourtant dans le juste.
 
Et c'est la tout l'essentiel à mes yeux.
 
Bref, ne nous égarons pas davantage...
 
Pour revenir à la confiance, je me suis rendue vendredi au Tribunal d'instance du XVe arrondissement afin d'y faire établir une procuration en vue des Européennes (je suis toujours là pour les grands enjeux).
 
Comme papa avait déjà reçu procuration de mon frère, j'avais choisi de me décharger de ma responsabilité citoyenne sur maman (Dieu merci, nous ne sommes pas dix enfants dans la famille).
 
Après avoir tenté de joindre à peu près tous mes ascendants et collatéraux, dans l'espoir que l'un d'eux me confirmerait le deuxième prénom de maman et son absence de troisième prénom (mais comment peut-on vivre sans troisième prénom ?!!), je suis allée, une fois cette information en poche, remplir avec tout le sérieux et la dignité qui s'imposaient mon formulaire CERFA n° 14952*01.
 
A côté de moi, il y avait une dame d'approximativement 70 ans qui se renseignait sur la procédure à suivre.
 
Vous noterez que quand on est retraité, on a vraiment du temps à perdre pour préférer se déplacer et faire la queue dans un tribunal d'instance d'arrondissement plutôt que de téléphoner ou consulter la fiche pratique dédiée sur le site service-public.fr...
 
Comme j'arrive a faire plusieurs choses à la fois - parce que je suis très forte - j'ai écouté, tout en cochant au hasard des cases dont je ne comprenais pas le sens (ça m'a rappelé la JAPD que je n'ai jamais faite), la conversation qui s'engageait entre la dame et le monsieur de l'accueil. 
 
- Et donc il suffit d'une carte d'identité ?
 
- Tout à fait Madame.
 
- Et je peux donc désigner mon fils pour voter à ma place.
 
- Oui, à condition qu'il soit inscrit sur les mêmes listes électorales que vous.
 
- Alors c'est bon, il est à Paris comme moi. Par contre, je peux indiquer sur la procuration pour qui il doit voter ? Parce que comment est-ce que je peux être sûre que mon fils votera bien pour le candidat que je veux ?
 
Il y a eu une pause d'une demi seconde dans la conversation.
 
Le monsieur de l'accueil a fait de grands yeux étonnés.
 
Moi je n'ai pu m'empêcher de relever la tête un court instant avec un grand sourire incrédule qui signifiait un peu Mais merci Madame de m'offrir comme ça le sujet de mon prochain billet !, et puis je me suis vite vite replongée dans mon formulaire CERFA n° 14952*01, en m'efforçant de dissimuler la bonne humeur que n'avait pas manqué de causer chez moi sa remarque pour ne pas risquer de la mettre mal à l'aise si jamais elle réalisait de quel désaveu filial elle venait ainsi de gratifier l'assistance.
 
- Ah ça, Madame, quand on fait une procuration, on est obligé de faire confiance, lui a répondu le monsieur de l'accueil.
 
Faire confiance, c'est beau.
 
Mais à son propre fils, ça n'est pas toujours évident...
 
Il est temps d'avoir la simplicité de l'admettre en public !

Le remplissage du formulaire CERFA n° 14952*01,
une épreuve dans sa vie citoyenne.