mercredi 20 mai 2015

L'avantage de ne pas être physionomiste... (suite)

... mon regard s'est arrêté sur l'un des membres masculins de l'assistance. 

Pas parce qu'il ressemblait spécialement à Gregory Peck dans Vacances romaines.

Pas non plus parce qu'il aurait été la synthèse parfaite des deux frères Bogdanov.

Non, simplement parce que son visage me semblait familier même s'il m'était impossible de me rappeler qui il était et dans quelles circonstances j'avais pu le croiser.

Pendant bien dix minutes, je me suis interrogée sur le lieu dans lequel j'avais pu l'apercevoir.

Et puis, après un effort cérébral épuisant, je suis arrivée à la conclusion que j'avais dû le croiser au cours de l'une des soirées ultra mondaines organisées par Dam', l'un des amis de mon frère, où l'on peut facilement se retrouver à plus de 250 dans un salon de 40m2, et que, comme il ne devait pas être très physionomiste, c'est pour ça que lui n'avait pas l'air du tout de me remettre. 

J'ai donc poursuivi la soirée comme si de rien n'était, discutant le plus naturellement du monde avec mes voisins tout en vidant le bol d'olives, la boîte de pringles et la bouteille de Chardonnay immédiatement accessibles. 

Le tout sans prêter davantage attention à cette vague connaissance.

C'est seulement vers 22h30 que j'ai eu un flash. 

Un gros flash. 

Je me suis revue six mois plus tôt, attablée dans un restaurant de Cabourg, une pizza devant moi… 

… et ce garçon en face de moi. 

Oui, oui, en face. 

Et tout le reste m'est revenu d'un coup. 

Il s'agissait d'un ami de mon amie Rachel avec qui j'avais organisé cette virée maritime, qui avait fait partie du même club de tennis qu'elle, qui était consultant en informatique et que même que ce n'était pas toujours drôle de faire des missions à pétaouchnok avec 3 heures de RER aller – 3 heures de RER retour. 

Et j'ai aussi réalisé à cet instant précis qu'il m'avait en fait forcément reconnue mais que comme il croyait que je le snobais royalement depuis le début de la soirée, eh bien tout ça l'avait quelque peu découragé de venir voir la fille la plus grossière de la planète, les bras grands ouverts, en mode « Ginger, mais quelle coïncidence !!! Trop drôle de te revoir ici !! (lol) ».

Alors, pour estomper un peu cette mauvaise image qu'il avait dû se faire de moi, je suis venue platement m'excuser auprès de lui, 3 heures après mon arrivée dans la soirée, en lui expliquant à peu près ce que j'explique dans cet article, bref que je ne suis (vraiment) pas physionomiste. 

Et j'ai eu confirmation de ce que lui m'avait très bien reconnue dès qu'il m'avait vue. 

Heureusement, comme c'est un garçon bien élevé, il s'est simplement abstenu de me raconter avec quelle sévérité il avait jugé mon inqualifiable attitude…

Mais je tire une salutaire leçon de tout ça ! 

Désormais, dans le doute, dès qu'il me semblera éventuellement / peut-être / pourquoi pas vaguement reconnaître quelqu'un, j'irai directement lui tapoter l'épaule en lui lançant avec enthousiasme : « Mais quelle coïncidence !!! Trop drôle de te revoir ici !! (lol) ».

Avec un peu de chance, peut-être que j'arriverai à apprendre son nom et où et quand on s'est croisés. 

Et sinon, ça me permettra au moins d'éviter de passer pour la pire des ordures ! 

jeudi 30 avril 2015

L'avantage de ne pas être physionomiste...

... c'est que vous avez sans arrêt l'impression de faire de nouvelles rencontres. 

Là où une personne normale a le sentiment de ne croiser dans son quartier que des gens de connaissance, votre quotidien est peuplé de visages inconnus et de personnalités mystérieuses. 

Cette dame à chapeau qui est entrée dans votre champ de vision lors d'un raid de survie dans votre Monoprix, vous ne la reconnaîtrez pas deux heures plus tard, lorsque vous vous retrouverez dans la même salle d'attente de votre cabinet médical, et son allure ne vous sera pas plus familière, quatre heure après, quand vous lui couperez la route pour courir attraper le métro qui vous mènera à la soirée à laquelle vous êtes déjà en retard. 

L'inconvénient, c'est que certaines personnes peuvent être froissées de ne pas être reconnues.

Pour la dame à chapeau, ce n'est pas trop grave vu que, même si elle, elle a réalisé qu'elle n'arrêtait pas de vous croiser, elle n'est pas entrée en contact avec vous et fait donc comme si de rien n'était en se disant probablement qu'avec un talent d'acteur consommé, vous faites de même (alors que pas du tout, vous l'avez compris).  

Cela m'est arrivé comme ça, une fois, de rentrer d'un après-midi où j'avais retrouvé un ami, et tandis que je m'apprêtais à donner de ses nouvelles à toutes la famille ("Eh oh, devinez quel programme de vacances pourri s'est concocté Harv'"), un membre de ma famille dont je tairai le nom (par respect pour lui) s'est avancé, le visage fermé et l'air plutôt préoccupé et peu avenant, en me demandant : 

"Tu fais souvent mine de ne pas voir les personnes de la famille que tu croises sur le trottoir d'en face, Ginger ?!!

(sous entendu, vas-y renie la main qui t'a tout donné, ma pauv'fille)

Heureusement, le regard hagard, le froncement de sourcil et la moue dubitative qui se sont aussitôt affichés sur mon visage ont suffi à convaincre mon interlocuteur de ma bonne foi.

Mais cela ne m'a pas mise pour autant à l'abri de toute situation gênante pour l'avenir... loin de là !

L'autre soir, je suis allée prendre un apéritif chez l'amie d'une amie qui invitait pas mal d'amis avant une sortie en masse dans un lieu bon teint de la Capitale.

Au moment de nous installer, mon paquet de Tuc et moi, sur le canapé du salon, j'ai bien sûr activé la fonction "balayage circulaire" de mon globe oculaire pour évaluer, sur la base d'un rapide sondage style/physionomie des gens présents mes chances précises de passer une bonne à excellente soirée.

Mais avant d'avoir pu terminer de faire le tour de l'assistance... 

vendredi 27 mars 2015

Les enfants sont si mignons


Je ne sais pas ce que je ferais sans mon attelle...

Je ne dis pas ça pour le style incomparable que j'ai acquis ces dernières semaines grâce à cet accessoire à la fois chic et choc, cette petite touche singulière qui complète à merveille mes tenues et que tout le monde m'envie (en silence, je sais).

Non, je dis ça pour mon blog.

Et après tout, c'est bien compréhensible, mon blog, c'est un peu le pivot de ma vie.

C'est ce qui fait que dans le métro je peux ricaner en regardant avec commisération tous ces gens qui ne savent pas que je suis Ginger.

Et que, tiens, pourquoi pas, je pourrais peut-être écrire quelque chose sur eux.

Mais bon, encore faut-il qu'ils fassent quelque chose d'amusant, et ça ça n'est pas toujours gagné...

Et c'est là, justement, que l'attelle prend tout son prix aux yeux (bleus) de mon blog !

Vous n'avez peut-être pas eu la chance de vous rattraper méchamment mal sur une piste noire pas jolie jolie, ces derniers temps, mais il faut savoir qu'une attelle apporte une plus-value certaine dans la vie d'un blogueur.

Pour une bonne et simple raison : c'est que c'est une source inépuisable d'articles.

J'imagine que j'en suis au bas mot à mon 40ème billet dans lequel traîne entre 5 à 6 fois le terme « attèle », et je dois vous avouer que le sujet m'inspire encore au plus haut point.

J'ai tellement de choses à dire là-dessus que je n'ai même pas encore pu vous raconter la fois où je suis allée déposer un dossier dans le bureau d'un associé à qui je faisais le récit non exhaustif de toutes les avanies qui m'étaient tombées dessus en procédant à son étude - du dossier, pas de l'associé - et qui m'avaient fait mieux saisir l'image du cinquième cercle de l'enfer de Dante, quand il m'a interrompue tout à coup pour me demander : « Mais qu'est-ce que vous vous êtes fait là, Ginger ? » et que prise de court en plein exposé, je n'ai rien trouvé de mieux à faire que rougir violemment...

Mais comme ça n'est pas drôle, merci bien, je préfère ne pas en parler !

Et à la place, j'aime autant vous parler de mon nephew Ad.

Celui qui veut se marier avec moi (toujours) (il est d'une constance qui l'honore) (il ira loin ce petit).

Eh bien, la dernière fois, j'étais assise sur le canapé, et je ne sais plus trop ce que je faisais (mais bon, là n'est pas le point essentiel).

Il est arrivé près de moi, a regardé mon bras, et m'a demandé tout de go :

« Tante Ginger, je peux m'assoir sur ton attelle ? »

J'imagine que si j'avais été en fauteuil roulant il m'aurait demandé s'il pouvait me jeter par terre et me piétiner.

Les enfants sont sans coeur.

Même quand ils veulent vous épouser.

lundi 23 mars 2015

Proverbes idiots


L'autre jour, je prends une des papillottes bien gentiment offertes par maman, pour Noël, parce qu'elle sait que sa petite Ginger est un peu gourmande et que ça ne l'ennuie pas plus que ça de l'encourager dans ce péché capital.

Si vous voulez savoir comment il m'en reste encore à la mi mars, eh bien c'est parce que je les ai soigneusement gardées pour les « en cas de coup dur ». 

Et heureusement, il ne m'arrive pas tout le temps  des « en cas de coup dur » ! 

Mais là, justement, j'en avais un...

En fait, je venais de découvrir que la date que j'avais proposée à des amis pour un dîner ne leur convenait pas et qu'il faudrait que je procède à nouveau à une analyse détaillée de mon agenda pour espérer en trouver une autre avant l'automne 2016... 

Bref, j'ouvre ma papillotte. 

J'engouffre le chocolat, de l'air de la fille totalement blasée par la vie. 

Je savoure mon chocolat, de l'air de la fille qui se dit que finalement, la vie, a quand même ses bons côtés. 

Et puis mes yeux tombent sur le petit papier qui entourait le chocolat et sur lequel est toujours noté une citation, un proverbe, un aphorisme ou un truc du genre. 

Tiens, me dis-je, peut-être que cette fois je vais tomber sur autre chose que « L'essentiel est invisible pour l'homme » (trop conceptuel pour que mon cerveau essaye de comprendre). 

Et là je lis : 

« Ne juge aucun homme avant d'avoir marché avec ses mocassins durant deux lunes.

Proverbe amérindien »

Mais je rêve ! me suis-je intérieurement exclamée en manquant de m'étouffer avec mon chocolat, si, pour juger quelqu'un, il faut attendre qu'il s'achète des mocassins à notre pointure, lui demander de nous les prêter pour deux lunes, et se libérer suffisamment de temps pour marcher avec pendant ces deux lunes... mais autant admettre tout de suite que l'on ne peut juger personne ! 

Je ne sais pas où les Amérindiens avaient la tête quand ils ont écrit des trucs pareils, mais certainement pas à la place de la mienne ! 

Et c'est comme leurs dessins d'ailleurs, pourquoi ce besoin de toujours tout compliquer ?!

vendredi 20 mars 2015

Kesako (bis) ?

Il n'y a pas si longtemps - une semaine, en fait - je vous parlais du mail relativement incompréhensible que m'avait envoyé mon amie Stiph

Et je ne sais pas si c'est parce qu'elle prend un malin plaisir à tester mes réactions face à des messages sibyllins (abscons marche aussi) (pendant qu'on y est, autant être exhaustif) ou si elle a subi dernièrement une commotion cérébrale particulièrement invalidante, mais toujours est-il qu'elle a récidivé. 

Hier, j'ai reçu un nouveau mail - cette fois également adressé à deux autres personnes - dans lequel elle annonçait : 

"Ça y est j'en ai eu un deuxième!

Ha ha!",

avec en pièce-jointe, une photo d'elle portant un petit garçon d'environ 2 ans sur les genoux. 

Le problème, c'est qu'elle a un fils de cet âge là environ, mais que, comme je ne l'ai vu qu'une fois lorsqu'il était encore tout bébé, je suis incapable de savoir si c'est lui ou non... 

A priori non... 

Mais peut-être que oui... 

Le texte du mail ne permet pas d'être tout à fait catégorique sur ce point ! 

Il ne me restait plus qu'à prier ardemment pour que l'un des deux autres destinataires de son mail réponde à tous les autres quelque chose susceptible de m'éclairer, mais bien sûr, c'est une occurrence qui n'est pas arrivée. 

Et il m'a donc fallu lui écrire quelque chose en retour...

Le soir, j'ai pris mon courage à deux mains, et avec l'aisance d'un pilote débutant perdu en pleine mer de brume, après bien dix minutes d'un long débat intérieur face à mon brouillon de mail vide, j'ai finalement opté pour un : 

"Eh bah, tu ne perds pas de temps, ma chère Stiph ! 

Top canon en tout cas la photo !"

L'avantage, c'est qu'avec une réponse de ce genre, il y a à boire et à manger pour à peu près tout le monde...

Et comme ça, j'ai pu m'endormir paisible, sûre que Stiph saura prêter à mon message un sens non dépourvu de cohérence par rapport à celui qu'elle m'avait envoyé.

Maintenant, il ne me reste plus qu'à croiser les doigts pour qu'elle mette un terme au plus vite à ce laborieux échange épistolaire. 

Parce que sinon, il ne me restera plus qu'à installer un filtre "spam" où se trouveront immédiatement classés ses messages, sans même qu'ils n'apparaissent à mes yeux. 

Oui, c'est lâche, peut-être.

Mais c'est le prix à payer pour retrouver un semblant de paix intérieur ! 

Stiph, si tu me lis...

mardi 17 mars 2015

Demain, je commence ma psychanalyse


Quand je reçois du monde, je me trouve toujours confrontée à de très graves interrogations. 

Est-ce que mes invités seront contents de la soirée ? Est-ce qu'ils trouveront les autres gens sympathiques ? Est-ce que les sujets de conversation seront à leur goût ? Est-ce qu'ils seront choqués si mes verres ne sont pas en cristal ? Est-ce qu'ils tolèreront des Tuc à l'apéritif ? Est-ce que je vais rater la cuisson de tous mes plats et manquer mes assaisonnements ? ...

Mais l'interrogation qui reste la plus cruciale pour moi est indéniablement la suivante : 

Est-ce que mes invités auront suffisamment à manger ? 

Je ne sais pas si c'est parce qu'un jour de ma lointaine petite enfance, la dame de service de la cantine a oublié de me servir mon assiette de semoule, ou si c'est parce qu'une fois je suis partie de la maison en oubliant d'emporter mes deux choco BN pour la récréation de 10h, mais je dois bien le reconnaître, il y a quelque chose chez moi qui ne tourne pas absolument rond quand il s'agit des quantités de nourriture à acheter en vue d'une soirée... 

Je voudrais le nier, je ne pourrais pas. 

La photo de l'inventaire de mes provisions post-raclette est un violent réquisitoire à lui tout seul...


Et maintenant, je fais quoi ? Une autre raclette ? 

vendredi 13 mars 2015

Késako ?

Ca arrive de temps en temps. 

Vous voyez quelque chose et vous ne comprenez pas. 

Comme vous êtes plutôt du genre pugnace, à vouloir saisir le sens de tout ce qui vous entoure, vous prenez le temps de vous concentrer pour vous lancer dans la recherche d'une explication rationnelle. 

Mais vous avez beau monopoliser absolument toutes les ressources de votre cerveau (et elles sont vastes), l'analyse ne donne rien. 

En face de vous, il n'y a que vos doutes, vos interrogations et vos angoisses existentielles...

Et pourtant, il faut continuer à avancer dans ce monde insaisissable comme si de rien n'était.

La tête droite, l'air digne et la poignée de main ferme.

Et vous savez forcément quel malaise cela représente si, comme moi, vous avez un jour reçu un mail du genre de celui de mon amie Stiph

"Pensée pour toi Ginger!
A bientôt, bisous! "

accompagné de la photo suivante : 


Stiph essaie-t-elle de me mettre en garde contre les gens qui m'offrent des cadeaux ? Tente-t-elle de m'avertir des ravages de l'alliance collier de perles / blondeur dans l'esprit des hommes ? Veut-elle me prévenir des innombrables dangers d'un style trop fifties ?

J'ai beau retourner son mail dans tous les sens, impossible d'arriver à la moindre conclusion...

Mais une chose est sûre, on nous prend pour des quiches et ça, c'est moche ! 

mercredi 11 mars 2015

Je ne suis pas un robot...

Mes faux pas me collent à la peau,

Je ne suis pas un robot,

Un roboooooooooooooooooooooooot... 

Petite parenthèse bloguesque pour faire un point rapide sur ma plate-forme de blog blogger

Vous n'avez peut-être pas oublié qu'il y a quelques mois, je changeais d'hébergeur, suite à une avalanche de publicités pas vraiment désirées sur over-blog

Et comme je suis un vilain mouton sans (trop de) personnalité, j'ai filé tout droit dans la toile de la grosse multinationale tentaculaire Google : blogger

Après un petit temps d'usage, je peux enfin faire un premier point. 

Pas seulement positif, parce qu'autrement je ne vous en aurais pas parlé (s'il fallait commencer à parler des choses qui vont bien, on n'aurait pas fini). 

Non, un point négatif. 

La vérité crue.

Voilà, je vais être fichée aux RG mais tant pis, Blogger n'est pas encore tout à fait la plate-forme de rêve de tout blogueur. 

Et pour plusieurs raisons : 

1) l'interface est assez peu lisible (c'est ce qu'on m'a dit en tout cas),

2) les newsletters sont envoyées avec en moyenne 10 heures de décalage par rapport au moment où l'on poste son billet,

3) et surtout, à chaque fois qu'un lecteur veut laisser un commentaire, il doit saisir un mot de passe bidon... 

… pour soit disant « prouver qu'il n'est pas un robot ».

Parce que, c'est connu, les robots savent faire la vaisselle, voter dans un isoloir et se garer en double file sur l'autoroute, mais ils ne parviennent pas à recopier un mot de passe à l'aide d'un clavier d'ordinateur...

Non mais de qui se moque-t-on ? 

Ma puce électronique m'en tombe... 

lundi 9 mars 2015

Tenir un blog d'humeur et rester équilibré

C'est sans doute le plus grand dilemne de tout blogueur d'humeur. 

Comment tenir son blog et garder ses deux escarpins - achetés aux dernières soldes - bien ancrés dans le monde réel ? 

Autrement dit, comment éviter de faire du monde réel une annexe directe de son terrain de blog ? 

Pour ceux de mes lecteurs qui sont eux aussi blogueurs - je sais qu'ils sont là, ne vous cachez pas ! - permettez-moi de vous interroger : 

A court d'idées pour votre prochain article, ne vous est-il jamais arrivé, lors d'une virée dans votre supermarché préféré (Monoprix), de vous imaginer tout à coup renverser le caddie rempli du gros monsieur devant vous et piétiner d'un air narquois ses courges et ses tomates, juste pour pouvoir décrire, une fois de retour chez vous / à l'hôpital, sa réaction dans un savoureux billet ? 

Moi, cela m'arrive tout le temps, et pas qu'au supermarché. 

Au cinéma, dans les télésièges, à la sortie des écoles primaires, au restaurant d'entreprise... 

Mais Dieu merci, quelque chose m'a toujours retenue de passer à l'acte ! 

Je ne sais pas trop quoi au juste, mais c'est vrai, par rapport à de nombreux blogueurs de ma connaissance, actuellement en convalescence longue durée dans des maisons d'aliénés du Vercors, je ne pousse pas encore la confusion du monde virtuel et du monde réel trop loin.

Non, la seule chose vraiment bizarre que j'ai faite à cause de mon blog se trouve dans le fichier que je tiens sur mon ordinateur et où je note au fur et à mesure où elles me viennent toutes les idées d'articles que je pourrais écrire.

En le reprenant pour trouver sur quel passionnant sujet arrêter ma plume, je suis tombée - à côté de deux/trois banalités du plus pur style Gingerial, style "Je me suis perdue dans ma salle de bain" / "ma cafetière est tombée en panne" / "j'en ai marre de mon attelle" - sur l'intitulé suivant : 

"Même les suicidés en veulent à mon téléphone".

Je suis comme vous, je cherche encore ce que ça peut bien vouloir signifier... 

jeudi 5 mars 2015

C'est un garçon ! (et il va bien)


J'y suis allée avec ce sentiment étrange d'intense excitation et de crainte diffuse que l'on ressent à chacun des grands tournants de la vie.

Ceux dont on sait qu'ils vous projettent dans un avenir nouveau, parsemé d'éclatantes promesses, certes, mais envahi aussi du grondement sourd des menaces de l'inconnu... 

Ceux dont on a conscience qu'ils feront de vous quelqu'un de différent, heureux ou malheureux, meilleur ou pire, vainqueur ou vaincu... 

Oui, hier, c'était tout ça... c'était ma première échographie !

J'y suis allée sans savoir exactement avec qui j'avais rendez-vous, mais avec la certitude inexplicable qu'il m'attendait. 

Je me suis installée, fébrile, sur la table d'examen, le médecin m'a badigeonnée de son produit gluant, et nous avons regardé ensemble l'écran. 

Moment d'extrême émotion lorsqu'il est apparu... mais heureusement, les larmes ne m'ont pas empêchée de l'admirer et de laisser mon cœur s'émerveiller devant ce fabuleux mystère de la nature ! 

Et puis mon médecin a procédé aux vérifications d'usage sous mon regard un peu angoissé... 


Mais il m'a vite rassurée : à en croire l'échographie de ma main, mon ligament se porte bien, merci !

Juste une quinzaine de jours encore d'attelle à tirer et il sera reparti comme en 14 ! 

mardi 3 mars 2015

Dix ans après...

Il y a des personnes que vous avez bien connues et qui un jour, sans crier gare, disparaissent de votre vie. 

Vous les aviez au téléphone régulièrement, vous les voyiez une fois de temps en temps, et puis un beau jour, pshitttt, plus rien. 

Envolées, parties, finies. 

Comme si un immense trou noir les avait avalées et que, transportées à des années lumières de vous, elles n'avaient tout simplement plus eu la possibilité de maintenir le contact avec vous. 

Et je ne vous parle pas ici seulement de mon ficus, toujours en convalescence dans un sanatorium réputé du nord de la France (mais qui va bientôt refaire son grand retour à Paris, article à venir !), mais aussi des vrais gens de chair humaine. 

Vous ne savez pas trop sur le compte de quoi mettre cette auto-exclusion, mais une chose est sûre, après 15 coups de fil, 20 mails et 52 cartes postales sans réponse (comment ça, c'est du harcèlement ?), vous finissez par vous dire qu'il a dû se passer quelque chose dans leur vie – vous ne savez pas trop quoi – qui les a amenés, eux et leur psychologie tortueuse (c'est le moment de s'en rendre compte), à rompre les ponts avec à peu près tout leur entourage...

… et, bien sûr, avec vous en particulier. 

Cet éloignement soudain et inexpliqué les place, les premiers temps, au centre de vos préoccupations.

Et puis, petit à petit, semaine après semaine, mois après mois, ils finissent par être relégués dans un coin de plus en plus isolé de votre esprit, pour un jour ne plus y vivre que comme une ombre du passé que l'on ne convoque qu'avec les vieux souvenirs d'un temps définitivement révolu. 

Au bout de 10 ans d'absence, vous avez beau savoir qu'ils existent toujours quelque part, ils sont devenus de parfaits étrangers pour vous. 

Sauf qu'au bout de dix ans, ce que vous ne savez pas, c'est que certains d'entre eux sont susceptibles, tout à coup, de décider de tenter un petit come back dans votre vie qu'ils avaient pourtant délibérément fait le choix de quitter...

Je ne sais pas en ce qui vous concerne, mais pour moi cette personne s'appelle FX

FX était un ami de vacances que ma soeur, mon frère et moi, nous côtoyions tous les étés, lorsque nous nous rendions en séjour chez notre grand mère, dans son chalet de Haute-Savoie. 

FX tirait à nos yeux – aux miens en tout cas – un certain prestige lié au fait que, plus âgé que nous, il était déjà étudiant quand nous n'étions encore que collégiens/lycéens, qu'il vivait à Paris quand nous habitions la lointaine province et qu'il connaissait toutes les randonnées de montagne avoisinantes quand nous nous aventurions à peine au-delà d'un rayon de 2km autour de notre chalet...

Autant de raisons, disons-le, pour lesquelles FX faisait un peu figure de demi-dieu dans mes représentations adolescentes.

Et puis, un beau jour, après avoir maintenu régulièrement le contact, FX devait soudainement disparaître de la circulation, s'arrêter de donner de ses nouvelles et ignorer les coups de fil ou les mails qui lui étaient adressés.

C'était il y a 10 ans. 

Et puis, un autre beau jour, plus exactement le mois dernier, voilà que, tout à coup, FX a repris contact avec ma soeur via facebook.

Puis avec moi. 

Et comme il avait été informé que j'habitais comme lui Paris (on ne reste pas forcément provincial toute sa vie, Dieu merci !), il m'a proposé dans un mail un peu embarrassé – difficile de justifier 10 ans d'absence – que l'on se revoie à l'occasion d'un déjeuner. 

10 ans après. 

Bien sûr, j'ai tout de suite dit oui

Enfin, pas tout de suite dans un mail de réponse, parce qu'après 10 ans d'absence, il est assez normal de faire lanterner les gens au moins une petite semaine....

Mais par contre, j'ai tout de suite dit oui dans ma tête ! 

Un oui de curiosité, pour savoir ce qu'était devenu au juste le tout jeune homme qui m'en imposait tellement 10 ans avant et confronter les souvenirs que j'en avais gardés avec l'homme qu'il était fatalement devenu depuis.

Et c'est ainsi qu'il y a quelques jours, j'ai retrouvé FX à 12h30 à la station Pasteur.

Physiquement, le décalage n'était pas si important : l'allure était à peu près similaire à celle que je lui avais connue, toujours grand et svelte, à ceci près, peut-être, que les traits de son visage s'étaient un peu affirmés avec les années.

Après avoir échangé les politesses d'usage, nous sommes allés nous installer dans une pizzeria de sa connaissance et puis nous avons parlé. 

Ou plutôt, il m'a parlé. 

D'abord de son poste de fonctionnaire au ministère de l'agriculture. 

De la composition de son équipe, de la nature de ses missions, de la répartition de ses tâches, de la réorganisation de son service, de la réforme structurelle en projet, du départ en congé maternité de sa collègue...

Après avoir patienté pendant environ ¾ d'heure à écouter un palpitant monologue tout en dégustant ma pizza Reine, j'ai fini par me décider à faire dévier la conversation sur ses loisirs. 

Là, il a évoqué ses derniers voyages en Italie, en Russie et en Chine. 

Avec un groupe de retraités de l'enseignement public, parce que ça coûte moins cher.

Ah, lui ai-je dit en riant, de ceux qui ne se balladent jamais sans un carnet et un stylo pour prendre, pendant les visites guidées, des notes qu'ils ne reliront jamais ?! 

Ce à quoi il m'a répondu très sérieusement que Oui, et d'ailleurs moi aussi je prends des notes pendant les visites guidées. C'est très agréable de pouvoir se souvenir exactement des détails quelques temps plus tard. 

Bien sûr, face à une telle déclaration, j'ai repris moi aussi un air sérieux avant de m'empresser d'aborder un autre sujet, de peur que la conversation ne s'enlise davantage. 

Et tu fais toujours du violoncelle ? lui ai-je demandé, me souvenant d'un concert privé qu'il avait donné au milieu d'une demi-douzaine de filles en extase à l'époque où nous passions encore nos vacances au même endroit. 

Oui, je joue dans deux orchestres m'a-t-il expliqué, dont un qui dépend d'une association dont j'ai repris les rênes puisque personne ne voulait s'en occuper. 

Avant d'ajouter : A vrai dire, je passe à peu près tous mes samedis à faire de la paperasse et à organiser nos déplacements dans diverses villes de France. Ca prend bien sûr pas mal de temps, mais ce genre de responsabilités est très valorisant.

Comme je n'avais pas trop envie d'en apprendre plus sur la nature de sa paperasse et les responsabilités très valorisantes qui y étaient liées, j'ai vite, vite, cherché un autre sujet de conversation sur lequel l'interroger. 

Et comme rien ne me venait, en désespoir de cause, j'ai tenté de combler le vide en lui demandant s'il avait d'autres loisirs. 

Eh bien, je me remets aux langues. En ce moment je me replonge dans l'anglais, je revois également mon allemand. Et puis je commence le chinois

Ah d'accord.

Et tout en terminant mon tiramisu, j'ai alors imaginé la vie de FX, la journée au ministère de l'agriculture à effectuer tout un tas de tâches ingrates, le soir à faire des recherches de grammaire anglaise, de vocabulaire allemand et de syntaxe chinoise, le week-end à s'occuper de paperasse pour son orchestre et les vacances à partir avec des vieux prendre des notes de visites guidées (Jean-Jacques, je pourrai photocopier ton carnet à la fin du séjour s'il te plaît ? Le guide allait un peu vite aujourd'hui, je ne suis pas sûr d'avoir tout bien suivi...).

En le quittant, je n'ai pu m'empêcher de me demander si le FX que j'avais connu il y a 10 ans portait déjà en lui le germe d'une telle évolution, mais que j'étais alors trop occupée à l'admirer pour m'en rendre compte, ou si la vie et ses événements, jour après jour, semaine après semaine, mois après moi, année après année, s'en étaient à eux seuls acquittés...

Je n'aurai probablement jamais la réponse à cette interrogation.

Mais par contre, ce que je sais, c'est que je m'abstiendrai de proposer à mon tour un déjeuner à FX.

Et c'est quand même assez dommage parce que c'est la seule de mes connaissances qui travaille juste à deux pas de chez moi ! 

Il y a certains lieux dont on ne ressort pas indemne...

vendredi 27 février 2015

Je vous l'ai déjà dit...


… de nos jours les enfants ne sont plus des enfants. 

Ils évoluent dans un monde absurde où les enseignants sont en dépression, où les réservoirs à savon des toilettes de l'école sont vides et où les kalashnikovs côtoient les cours de récréation. 

Quand, en fin de mois, leurs parents n'ont plus les moyens de régler la cantine, on leur explique que ce n'est pas parce que c'est la crise qu'ils auront le droit de déjeuner gratis. 

Et que si chez eux on n'a pas les moyens de leur offrir des cours particuliers comme au petit Geoffroy, et bien tant pis, ils seront chômeurs comme leurs parents et puis voilà.

Alors, un beau jour, ils prennent leur légos et au lieu de construire une petite maison riante en briques jaunes avec de jolies fleurs aux fenêtres, ils modélisent une réunion de conseil d'administration pleine de méchants capitalistes néolibéraux prêts à tuer leur prochain pour quelques euros de profit. 

Et dire que dans quelques années, ce sera eux qui nous gouverneront...

Une lueur d'espoir quand même : les fenêtres auraient pu être fermées,
elles sont ouvertes...

mercredi 25 février 2015

La vie est plus belle avec une attelle

Du temps où je n'avais pas d'attelle, ma vie était bien compliquée.

Notamment parce que, quand je prenais le métro, je ne savais jamais où glisser mon ticket pour éviter de le perdre.

Tantôt je le mettais dans ma poche au milieu d'une dizaine d'autres tickets compostés, tantôt je le glissais au fond de mon sac parmi tout un tas de paquet de mouchoirs / papiers publicitaires / sac pliable monoprix / parapluie, tantôt je le gardais à la main avec le risque de le lâcher pour la proie de l'ombre (ou quelque chose comme ça). 

Avec le risque de croiser des contrôleurs, de me trouver dans l'impossibilité de justifier de la régularité de ma situation, et de ne pas arriver à les émouvoir suffisamment pour éviter d'avoir à m'acquitter d'une contravention de 33 euros...

Depuis que j'ai mon attelle, ce genre de souci s'est purement et simplement envolé. 

Dorénavant, je composte, je monte dans le métro, et je glisse mon ticket dans mon attelle.

Et si un contrôleur vient à surgir de nulle part, pas de difficulté, je l'ai sous/dans la main. 

Et comme ça, le soir, lorsque j'enlève mon attèle, je peux opportunément compléter ma collection de tickets de métro compostés !

Comme dit le proverbe : à quelque chose, malheur est bon !

lundi 23 février 2015

S'angoisser pour le fun

Je ne sais pas si vous avez déjà eu cette impression, mais il peut arriver que votre vie vous paraisse très tranquille. 

Parfois même trop. 

Votre horizon ressemble à une mer sans vague illuminée d'un grand soleil perdu au milieu d'un ciel bleu sans fin.

Pas même l'écho d'un cri rauque de goéland pour ternir l'harmonie parfaite de ce tableau, pas même un vieux déchet en plastique dégoûtant flottant à la surface de l'eau pour écorner l'impression de perfection qui s'en dégage.

Que ne donneriez-vous pas, à cet instant, pour convoquer un ciel menaçant couleur ardoise, des roulements de tonnerre assourdissants, toute une volée d'éclairs fielleux, et une mer plus déchaînée que jamais, histoire de rompre avec cette quiétude bien trop oppressante ? 

Mon amie Agathe pourrait en témoigner.

Il y a peu, elle m'a conviée à une soirée pour fêter son embauche inespérée en CDI.

Je dis "inespérée", pas parce que je suis une amie indigne persuadée qu'elle domine tous les gens qu'elle croise - et surtout ses amis - d'au moins 50 points de QI, mais seulement parce que, lors de son recrutement initial en CDD au sein de la même entreprise, Agathe s'était vue certifier qu'aucun poste ne serait créé dans son service. 

Lors de cette soirée, j'ai bien sûr levé ma coupe à une longue et heureuse vie professionnelle, et, le lundi où elle débutait son CDI, sachant qu'elle conservait le même poste, le même bureau et les mêmes collègues que ceux qu'elle avait quittés le dernier jour de son CDD, soit le vendredi immédiatement précédent, je lui ai demandé par texto, en guise de clin d'oeil : 

"Alors, ton premier jour en CDI, pas trop intimidant ?!

Ce à quoi Agathe m'a répondu le plus sérieusement du monde : 

"Tout s'est bien passé, mais bon, c'est vrai, j'étais quand même un peu stressée". 

Bien sûr, on pourrait trouver cette réflexion un peu curieuse venant de quelqu'un dont les conditions de travail n'ont connu, en pratique, aucune modification. 

Mais après tout, Agathe a raison, pourquoi se passer d'une petite montée de tension quand, autrement, rien ne viendrait marquer le changement d'intitulé de votre contrat de travail ?!

vendredi 20 février 2015

La soirée a été bien réussie, merci !

On a sans doute vu de plus beaux résultats par le passé. 

Des biscuits apéritifs égrenés jusque dans les toilettes, des traces de gâteau sur les rideaux du salon, des chewing-gums collés sous la table de la salle à manger, des coups de canifs dans le bois des fauteuils Louis XV de l'entrée...

Mais moi qui n'ai pas nécessairement l'habitude d'organiser des soirées à 50 invités, je sais déceler la trace du contentement de mes hôtes à travers des signes plus discrets.

Et j'estime qu'à 2 verres cassés pour 7 convives, c'est indéniable, tout le monde s'est bien amusé !  

A ce niveau, je ne serais même pas étonnée que deux de mes invités
aient eu un coup de foudre...

mercredi 18 février 2015

J'ai toujours raison (et Pascal aussi)


C'est une chose que les gens savent rarement mais j'ai toujours raison. 

En tout cas très souvent. 

L'autre jour, je disais encore à ma nièce de deux ans de ne pas jouer avec la farine sinon il allait y en avoir partout dans la cuisine. 

Et ça n'a pas loupé, il y en a eu partout dans la cuisine. 

C'est vrai, ça m'a demandé pas mal de travail de tout nettoyer après (elle ne sait pas encore bien passer la serpillière, la pauvre petite), mais j'ai eu la satisfaction de m'entendre dire : 

Tu vois, Tante Ginger avait raison ! 

Je ne lui ai pas dit qu'Oncle Blaise aussi avait raison - vous savez, le styliste de renom de mon dernier billet (ou le chef de restaurant étoilé / top modèle des années 80 / au choix) - parce qu'on ne peut pas dire que ma nièce soit encore un puits d'érudition, mais franchement, sinon, j'aurais pu ! 

Parce que la vie vient encore de nous donner raison à tous les deux une nouvelle fois.

Au cours de mon séjour au ski, pour me détendre, j'ai fait une gentillette piste noire avec des grosses bosses difformes oscillant entre trois mètres de haut et cinq mètres de bas. 

Je faisais ma godille en riant de tout mon coeur, et puis, à un moment, je ne sais pas ce qui s'est passé, peut-être est-ce Chark qui m'a poussée, je ne sais plus trop, mais j'ai vaguement perdu l'équilibre et je me suis rattrapée toute en grâce et en élégance sur le poignet gauche. 

Et puis j'ai repris ma descente dans un grand éclat de rire (je crois que j'ai d'ailleurs provoqué deux ou trois avalanches ce jour là) et j'ai fini mon séjour sur la même note de bonne humeur (mis à part, bien sûr, quand Chark était dans les parages) (mais de toutes façons je me suis vengée en lui enfonçant mes ongles dans la main jusqu'au sang lors d'une partie de Jungle Speed).

Et puis, et puis, cinq ou six jours après, j'ai vu apparaître un léger gonflement au-dessus de mon poignet gauche. 

Avec une légère douleur lorsque je portais des choses un peu lourdes. 

Ah la la Ginger, il n'y a que toi pour te faire un bleu au poignet, me suis-je dit, et j'ai bien sûr beaucoup ri. 

Et puis, et puis, comme ça ne passait toujours pas au bout de quinze jours, j'ai quand même fini par me déplacer chez mon médecin. 

Une bonne occaze de rentabiliser ma mutuelle, ai-je pensé. 

Et avec quoi suis-je ressortie (enfin après un passage à la pharmacie) ? 

Avec cette magnifique attelle spéciale athlète, un bon pour une échographie, et le droit de faire faire ma vaisselle à tous les amis qui passent manger chez moi (comment ça, non ?) ! 

Moralité : si j'étais restée bien confinée dans ma chambre au lieu de partir faire du ski, je pourrais porter un plus joli bracelet ! 

Mais en même temps, qu'est ce que je ris... !!!

lundi 16 février 2015

Eloge du voyage intérieur

S'il y a bien une chose que l'on n'entendra jamais, c'est "Ginger est un globe trotter dans l'âme"...

Certes, à 3 ans je me suis spontanément déguisée "en exploratrice" en m'accessoirisant de trois ou quatre sacs à dos et sacs en bandoulière / thermos de voyage / bob de voyage / lunettes de soleil de voyage / robe de chambre et chaussons de voyage...

J'étais allée me montrer aux parents (sans doute installés dans le canapé à parler de choses très sérieuses) (autour d'un verre d'apéritif, quand même) et ils avaient trouvé ça si mignon - en tout cas maman - qu'ils m'avaient, à ma grande surprise mais aussi à mon grand plaisir, photographiée.

Mais vous savez bien que ce n'est pas parce qu'on se déguise en princesse de contes de fées ou en chevalier de la table ronde, qu'on le devient nécessairement ! 

Autrement, la Terre serait peuplée de diadèmes et d'épées, et moi et mes prétentions d'exploratrice, nous aurions été réduites à chercher la porte magique permettant de fuir au plus vite cette lamentable parodie de monde Disney... 

Bref, tout ça pour dire que Ginger n'a pas vraiment la passion du road trip chevillée au corps!

Peut-être parce qu'elle a très tôt voulu dire "oui" au bonheur en s'inspirant du constat de je ne sais plus quel styliste de renom ou chef de restaurant étoilé, qui a un jour lâché (le fou !) que tout le malheur des hommes, c'est qu'ils ne savent pas rester dans leur chambre (ou un truc du genre).

Peut-être aussi parce qu'elle a toujours pensé au fond d'elle que buller dans son canapé avec un Stylist magazine entre les mains et des vêtements qui sentent bon la lavande du produit lessive, était mille fois plus confortable que passer 15 heures en transit dans un aéroport, avec le sentiment d'être aussi crasseux qu'un pou dans les cheveux (gras) de Bernard Thibault. 

Je sais, certaines personnes me trouveront d'un esprit étriqué à faire peur, d'une absence de curiosité consternante, d'une pauvreté d'esprit affligeante...

Oui mais la vie me donne raison !

Ce matin, en arrivant au bureau, j'ai appris que le père de Béa - une fille que je ne connais pas mais qui travaille dans la même structure que moi - était parti passer un week-end à Londres avec sa deuxième épouse. 

Et qu'à peine le pied posé par terre, il se l'est fait écraser par un bus (londonien). 

Comme l'a dit très justement Marielle en passant dans mon bureau pour évoquer cette tragédie : 

Tu pars à Londres pour un week-end, tu reviens avec un pied en moins.

Comme quoi, rester dans sa chambre, c'est aussi une chance de plus de ne pas se faire amputer le pied. 

Avec leur couleur criarde, ils m'avaient aussi toujours paru louches...

mercredi 11 février 2015

J'ai été très gâtée

Ginger est intemporelle. 

Ginger a toujours été et sera toujours.

Ginger est à la fois l'alpha et l'omega.

Certes.

Mais tout ça n'empêche pas qu'une fois de temps en temps, un jour comme ça dans l'année, il lui arrive de se voir fêter son anniversaire. 

La dernière fois qu'a eu lieu une telle célébration, c'était au cours du mois de janvier – allez savoir pourquoi, peut-être parce que toutes les fêtes de fin d'année sont passées et que, du coup, ça fait un gros appel d'air – et j'ai évidemment été très gâtée. 

Bien sûr, je dis « très gâtée », mais en réalité c'est une façon de parler. 

Parce que chacun sait que plus on prend de l'âge et moins on reçoit de cadeaux. 

C'est comme ça, il ne faut pas chercher, c'est un peu la façon qu'a la vie de nous préparer à tout ce qu'elle nous réserve de sombre, moche et gris pour l'avenir (et encore, je ne force pas le trait)...

Toujours est-il que les quelques cadeaux que j'ai reçus – ne nous mentons plus sur leur nombre – m'ont fait chaud au coeur. 

Ils m'ont donné l'impression, l'espace d'un instant, que le monde entier s'arrêtait de tourner, que tous les projecteurs de la galaxie étaient braqués sur moi, et que 6 milliards d'individus me regardaient sur un écran géant, guettant fébrilement, dans une même attente, la manifestation du plus petit signe de contentement de ma part. 

Mais parmi tous ces cadeaux, l'un d'eux m'a plus particulièrement touchée. 

Un cadeau unique en son genre, qui ne s'achète pas, qui ne s'invente pas et qui ne se mange même pas. 

Un cadeau émanant directement du cerveau génial - perturbé mais génial - de mon filleul. 


Lorsqu'un peu étourdie par la contemplation impromptue de son oeuvre, je lui ai demandé de me la décrire pour m'aider à mettre des mots sur la cause de mon émotion, il m'a posément expliqué : 

« C'est un vaisseau spatial qui envoie une bombe en direction du dragon bleu, et de l'électricité (en bas à gauche du dessin). En haut à gauche, un extraterrestre à trois jambes qui lance du feu. Le dragon est aussi extraterrestre. » 

Voilà. 

Sortir des sentiers battus. 

Eviter les natures mortes, les scènes de chasse, les portraits de personnages illustres mais laids. 

Oser affirmer son art. 

Même quand ça dérange, même quand il s'y mêle de la saleté, du sang et de la souffrance.

Etre soi-même. 

Pour ne rien devoir aux autres et pour leur apporter simplement ce que l'on est. 

Si jeune, mon filleul a déjà tout compris.  

Et comme par hasard, vous l'aurez noté, je suis sa marraine... 

lundi 9 février 2015

Politique épistolaire

Il fut toute une période où j'envoyais des cartes postales aux gens qui m'étaient chers.

Je devrais dire des cartes postales d'une banalité consternante aux gens qui m'étaient chers.


Cher(e) X,

Une pensée depuis S*****, charmant petit village savoyard, où je passe un excellent séjour (comme si on allait avouer que non, pas du tout). Le soleil est pour l'instant de la partie (en général, il neige depuis des heures) et je retrouve avec plaisir les joies du ski (alors que le brouillard, en fait, on aime modérément)... sans oublier, bien sûr, celles de la tartiflette (seul truc vrai de la carte) !

A très vite à P**** (pure formule de style),

Je t'embrasse,

Ginger
avec au dos : 


Et puis il fut une période où j'ai cessé. 

Peut-être parce qu'après avoir envoyé, depuis le début de ma vie, une bonne centaine de cartes postales d'une banalité consternante, je m'étais moi-même lassée de l'exercice...

Et puis, quelques années plus tard, il y eut maintenant.

Maintenant, quand je pars en vacances, je vais dans la maison de la presse locale (celle qui vend des sets de table avec des genêts dessus et des marque-pages plastifiés qui t'expliquent que ton prénom fait de toi quelqu'un d'exigeant mais de fidèle), je choisis dix cartes postales parmi les plus moches et je rédige un commentaire de ce style : 

Cher(e) X,

Connaissant ton haut degré de développement métaphysique et ton amour immodéré pour les félins de tout poil (personne n'est parfait), nul doute que tu sauras comprendre et apprécier le message transcendantal délivré par cette carte !

Evidemment, c'est assez difficile d'ajouter quoi que ce soit qui, à côté, ne passe pas pour quelque chose d'une banalité consternante (un peu comme si Nabilla décidait de raconter sa sortie au supermarché du coin après une conférence sur Nietzche), alors je préfère m'arrêter là !

Sur ce, à très vite à P**** (on garde quand même la formule de style, pour le style),

Je t'embrasse,

Ginger
avec au dos : 


C'est vrai, je ne raconte pas grand chose de mon séjour de ski avec une telle carte... 

Mais au moins, tout le monde comprend l'idée ! 

vendredi 6 février 2015

Je ne suis pas folle...

... j'aime juste les chaussures. 

Peut-être encore un peu plus les escarpins que les ballerines, parce que c'est toujours agréable de prendre de la hauteur.

Mais les ballerines quand même aussi. 

Et ce n'est pas parce qu'elles sont de la même couleur et qu'elles ont la même forme, qu'elles sont identiques. 

Non, pas du tout. 

A chacune son style, à chacune son allure. 

Vous vous demandiez à quoi j'avais occupé mes soldes automne-hiver 2014/2015, voilà la réponse : 


Et n'allez pas croire qu'il s'agisse d'un gros craquage shopping ! 

La première paire est pour sortir, la deuxième pour le travail, la troisième pour les jours où il pleut et la quatrième pour les moments de ma vie où je dois aller vite. 

Rien que de l'achat utile et nécessaire, donc ! 

mercredi 4 février 2015

Ski, le bilan

Je l'avais annoncé, vous l'attendiez, le voilà : ça y est, le bilan de la saison de ski 2015 est tombé !

Avec une grosse, grosse surprise à l'arrivée.

Arthur qui, souvenez-vous, avait été distingué en 2013 comme LE boulet de l'année grâce à une absence d'implication hors norme dans la gestion des aspects pratiques du séjour et à une aptitude évidente à plomber la dynamique du groupe, Arthur, donc, a été supplanté par Chark

Chark, avec qui j'étais pourtant déjà partie au ski il y a trois ans et qui, malgré quelques côtés un peu agaçants dus alors à une légère propension au m'as-tu-vuisme, n'avait pas été source de tant de désagréments que ça. 

Rendons-lui tout à fait justice et allons un peu plus loin : il faisait même partie de la catégorie des gens plutôt distrayants, prêts à mettre une certaine animation et à s'amuser quand il le fallait ! 

Il faut croire que les trois années qui se sont depuis écoulées ne lui ont pas été que profitables...

Certes, dans ce laps de temps, sa carrière et son portefeuille ont évolué de façon très positive.

Mais on hésite à en dire de même en ce qui concerne la qualité de sa compagnie...

Le Chark de 2015 ne se contente plus d'animer la conversation. 

Non, il s'en saisit, la prend en main, la dirige et l'amène où il veut. 

C'est-à-dire, dans 99,99 % des cas, à lui. 

A son talent incroyable pour le chant lyrique qu'il pratique dans un choeur reconnu à l'échelon national et dont chacune des représentations lui offre l'occasion de fréquenter la fine fleur parisienne. 

A sa séduction naturelle qui lui a valu d'être poursuivi par une splendide bulgare – un magnifique avion de chasse, nous dira-t-il – à laquelle il lui en a coûté de dire "non", mais que voulez-vous, il n'allait quand même pas transiger avec ses convictions pour de pures questions d'attrait physique.

A sa compétence professionnelle inégalée qui a fait de lui LA personnalité incontournable de son service, constamment sollicitée par des supérieurs qui n'osent plus prendre une décision sans avoir au préalable recueilli son assentiment. 

A son érudition exceptionnelle qui le rend légitime à intervenir sur tout sujet, qu'il soit politique, historique ou artistique, et à s'écouter disserter chaque fois avec délices pendant au moins une vingtaine de minutes. 

A ses amis hauts de gamme, fils de conseillers d'Etat, hauts représentants de l'aristocratie française, ou encore rejetons de dynasties d'industriels de premier plan...

Et lorsque vous avez le malheur de prendre la parole pour évoquer quelque chose qui vous concerne, vous pouvez être sûr que Chark interviendra dans la demi seconde pour renseigner tout le monde sur sa façon de voir les choses sur ce point. 

Si vous racontez que vous avez quatre mariages prévus pour cet été, lui renchérit immédiatement en faisant état des neuf célébrations auxquelles il a été convié, et vous fait savoir, dans la foulée, qu'il ne sait d'ailleurs pas comment il s'arrangera pour partir en vacances avec tous ces week-ends bloqués, sans compter qu'il va encore falloir qu'il s'occupe de diriger les chants, pfffffffffff, quel boulot...

Si vous expliquez que vous écrivez une carte à vos neveux, il embraye illico sur sa filleule d'un an et demi - « sa princesse » - pour vous informer en détails qu'il s'agit d'une petite merveille douée déjà d'une intelligence redoutable à qui il a bien prévu de faire découvrir le monde et encore bien davantage.

Si vous mettez telle musique sur votre ordinateur, il vous informe dans les cinq minutes des raisons pour lesquelles cette oeuvre est dénuée d'intérêt ou son interprétation juste passable, et si vous avez le malheur de vous absenter une seconde, il en profite pour remplacer ça par quelque chose d'un peu plus potable...

Bref, vous l'aurez compris, ces trois ans ont manifestement permis à Chark de devenir un jeune homme accompli, plein d'oubli de lui-même, de modestie et de délicatesse... bien loin de l'image d'Epinal du vieux garçon totalement égocentrique et uniquement préoccupé de lui-même, ouf !

Je ne sais pas si, parallèlement à cette évolution descendante, Arthur a fait usage du même laps de temps pour prendre barre sur les deux ou trois rugosités de sa nature...

Mais toujours est-il que la comparaison lui est nettement profitable.

A tel point que s'il était capable de ne pas prendre sa douche juste au moment où tout le monde s'apprête à partir sur les pistes, il ne serait pas loin de faire figure de gendre idéal ! 

La perfection faite femme
(selon Chark)...

lundi 2 février 2015

Google aurait-il décidé de se passer de la fréquentation des Bretons ?

A voir son doodle du jour, on dirait bien que oui...

Et le fait que ce soit le 110ème anniversaire de la création d'un personnage de bande-dessinée bien connu ne change rien à la gravité de l'affaire. 

Parce que - et Loïc Raison sera d'accord avec moi - la culture ne doit jamais servir de prétexte à l'insulte collective de tout un peuple.

Même si c'est vrai que, chez eux, il fait en général très mauvais...

Un nouveau souffle pour Lycos ?!

vendredi 30 janvier 2015

Résultats des courses


Peut-être vous en souvenez-vous (ou peut-être pas), mais j'ai récemment fait deux paris : 

- un pari d'amis : prêter mon studio à mon amie JM pour qu'elle y organise une soirée tartiflette et espérer le retrouver dans le même état que celui dans lequel je lui avais laissé, 

- et un pari sur la vie : miser sur le fait que le car de 9h40 n'aurait pas de retard et me permettrait d'attraper mon train de 10h23 avec 5 royales minutes d'avance. 

Comme Anonyme, fidèle lecteur du blog, a eu la gentillesse de me le demander en faisant semblant de s'intéresser à ma vie (sans doute parce qu'il espère en retirer à plus ou moins long terme un bénéfice quelconque) (sinon pourquoi) : 

Qu'en est-il donc ressorti ?!!

Eh bien, je ne sais pas si c'est parce que les astres sont contre moi en ce début d'année, ou bien si c'est parce que j'ai dernièrement croisé une portée de vilains chats noirs en passant sous une échelle avec mon parapluie ouvert, mais je suis bien obligée de répondre : 

Deux lamentables échecs ! 

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Pour commencer par le pari sur la vie : non, le car de 9h40 ne m'a pas permis d'avoir mon train. 

Parce que finalement, en voyant la neige tomber non stop à gros flocons, la veille, à partir de 16h28, jusqu'à recouvrir les trottoirs et la route d'une épaisse couche de poudreuse, je me suis soudainement découvert une réelle motivation pour prendre celui de 7h. 

Non pas que j'aie pensé à tous les conducteurs du dimanche qui n'auraient pas installé de chaînes sur leurs pneus et qui arriveraient à bloquer totalement la circulation et mon car avec, non...

... plutôt parce que je me suis dit que rien ne serait aussi beau que d'admirer les arbres recouverts de neige au petit jour ! 

Alors c'est pour ça que mercredi, tard le soir, j'ai pris mon réveil à deux mains, je l'ai mis à 6h40, et quand il a sonné, j'ai sauté dans mes vêtements, attrapé une tranche de brioche et traîné ma valise sur la route en priant pour que je ne me fasse pas écraser dans la pénombre. 

Le car de 7h n'est finalement jamais passé - il était bloqué plus haut - mais j'ai eu le droit de monter dans un car scolaire plein de lycéens totalement endormis. 

Et j'ai repensé à ces années où l'Education nationale me forçait, moi aussi, à me lever à des heures inhumaines pour apprendre des choses qui ne me serviraient jamais à rien (le fonctionnement du globe oculaire, par exemple). 

Alors oui, j'ai raté mon pari, mais j'ai pu faire un bilan très positif de ma vie.

Non mais.

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Et pour ce qui est de mon autre pari, j'ai eu la pénible surprise, huit heures de transhumance ferroviaire plus tard, de découvrir, en rentrant chez moi, que non, JM ne m'avait pas laissé mon studio dans un état impeccable... 

Certes, le tire-bouchon avait été rattaché à son clou au-dessus de l'évier, le sel et le poivre avaient rejoint leur habitacle à droite des plaques de cuisson et aucun lardon ne traînait par terre.

Mais : 

1) la housse du canapé n'avait pas été tirée et il restait des plis,

2) la fréquence de ma radio avait été changée en mon absence. 

J'entends déjà certains esprits chagrins me dire qu'il fallait bien que je m'attende à tout ça en faisant aussi facilement confiance aux gens... 

Eh bien oui, c'est vrai, on ne m'y reprendra plus.

Et ce n'est pas parce que JM m'a laissé en cadeau, pour soit-disant me remercier, un couvercle universel pour casseroles et un lot de trois éponges, que je changerai d'avis !

On n'achète pas mon pardon.

Non mais.

mercredi 28 janvier 2015

Pour continuer dans les paris...

Les paris d'amis, c'est bien, mais il ne faut pas oublier qu'il existe aussi d'autres types de paris. 

A commencer par les paris sur la vie. 

Un pari sur la vie, contrairement à un pari d'amis, ça n'interfère avec aucune question amicale. 

Ca vous met, vous, face à la vie

Frontalement. 

Directement. 

Sans échappatoire possible. 

A l'arrivée, deux issues possibles : 

- soit les choses se passent comme vous l'espériez, et alors vous avez gagné sur la vie ;

- soit les choses se passent de la façon que vous redoutiez, et alors c'est la vie qui a gagné. 

Demain, ça y est, c'est le retour à Paris : adieu neige, ski, spa, raclettes, tartiflettes, fondues savoyardes, croziflettes, génépi...

Départ du train à 10h23. 

Départ du car qui me conduit au train à 9h40.

Heure d'arrivée prévue du car à la gare à 10h15.

Avec votre dextérité cérébrale hors norme, vous aurez compris que le temps de battement théorique dont je dispose pour attraper mon train est très exactement de 8 minutes. 

C'est 5 minutes de plus qu'il ne m'en faut pour passer de la gare routière à la gare ferroviaire. 

Cela signifie donc que mon trajet en car peut supporter un retard de 5 minutes sans que tout l'ordonnancement de mon retour à Paris soit remis en question. 

Et sans que la feuille de présence de la conférence à laquelle je suis professionnellement sommée d'assister entre 17h et 19h, me passe sous le nez. 

En résumé : c'est un bel acte de foi. 

Mais je suis sûre que, vous aussi, dans une telle situation, vous auriez été prêts à relever le défi.

Surtout si vous saviez, comme moi, que le car précédent part très exactement à 7h du matin...

J'ai confiance en SAT, j'ai confiance en SAT,
j'ai confiance en SAT...